Absorbés par
tout ce qui se passe de nos jours dans les groupes à tendances
extatiques, plusieurs ont parfois du mal à voir la différence
entre ce que Dieu dit et fait aujourd'hui et ce qu'il a dit et fait
à l'époque où l'Écriture était en train d'être rédigée. Existe-t-il
une différence entre la Parole donnée par Dieu à cette époque et
celle qu'il communique à, et par des croyants aujourd'hui, surtout
dans cette nouvelle vague de prophètes modernes qui se réclament
tous parler pour Dieu et amener des messages qui plus que souvent
sortent en dehors du contexte des Écritures ? Les évidences
indiquent qu'il existe une différence majeure, et nous devons nous en
souvenir, sous peine de porter atteinte à l'autorité et à
l'infaillibilité de la Bible.
Si vous aviez été l'auteur d'un livre de
la Bible, comment auriez-vous considéré votre travail? Comme le
produit de votre propre intelligence, ou comme une révélation de la
part de Dieu? Le meilleur moyen de répondre à cette
question est d'examiner ce que les auteurs de l'Écriture déclarent à
ce sujet.
Comme nous le savons, plus de quarante
auteurs ont rédigé la Bible sur une durée d'environ 1500 ans. Vivant
à des époques différentes et dans des lieux différents, ils n'ont
guère pu collaborer entre eux. Néanmoins un trait étonnant
caractérise chacun, de Moïse (auteur des cinq premiers livres de la
Bible) à l'apôtre Jean (auteur de l'Apocalypse qui clôt le canon du
Nouveau Testament). Tous ces auteurs présentent ce que l'on pourrait
appeler un air d'infaillibilité. Pourtant beaucoup d'entre eux
étaient des hommes simples ayant bénéficié de peu d'instruction.
Certes, quelques-uns étaient instruits et cultivés (dans l'Ancien
Testament: Moïse et Salomon; dans le Nouveau Testament: Paul,
Jacques et Luc, un médecin). Mais, les autres étaient de
simples agriculteurs, bergers, soldats et pêcheurs. Cependant, tous
- instruits ou pas - affirment avec une certitude absolue que ce
qu'ils écrivent est la Parole de Dieu!
A maintes reprises, avec assurance et
sans la moindre gêne, les auteurs bibliques affirment écrire la
Parole de Dieu. Selon un spécialiste, l'Ancien Testament compte à
lui seul plus de 2 600 affirmations de ce type, dont 682 dans le
Pentateuque, 1307 dans les livres prophétiques, 418 dans les livres
historiques et 195 dans les livres poétiques (1).
Moïse en est un bon exemple. Lorsqu'au
buisson ardent il refuse catégoriquement de retourner en Égypte pour
s'adresser à Pharaon, Dieu répond: «Qui a fait la bouche de l'homme?
Et qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle? N'est-ce pas moi,
l'Eternel? Va donc, je serai avec ta bouche, et je t'enseignerai ce
que tu auras à dire. » (Exode 4:11 - 12)
Les autres prophètes et auteurs des
Écritures étaient également convaincus du caractère unique de leur
message. 1 Sam. 3:19 rapporte la façon dont Dieu a appelé le jeune
Samuel et lui a révélé sa parole, puis ajoute: « L'Eternel était
avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. »
Jérémie commence sa prophétie en
affirmant: « Et l'Eternel me dit...» (Jér. 1:14)
En décrivant la mission dont Dieu l'a
chargé, Ézéchiel rapporte que Dieu lui a ordonné d'écouter avec soin
toutes les paroles qu'il lui adressait et de les prendre à cœur. Il
devait se rendre auprès de ses compatriotes en exil et annoncer:
«Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel». (Ezéch. 3:11)
Aucun prophète de l'Ancien Testament
n'exprime le caractère particulier de sa mission plus clairement
qu'Amos qui avoue n'être ni un prophète de métier, ni un membre
d'une confrérie de prophètes, mais un simple berger et cultivateur de sycomores: « L'Eternel
m'a pris derrière le troupeau, et l'Eternel m'a dit, va, prophétise
à mon peuple d'Israël. » Amos 7:15
Qu'en est-il des auteurs du Nouveau
Testament? Croient-ils que les auteurs de l'Ancien Testament ont
écrit la Parole de Dieu? Croient-ils écrire eux-mêmes la Parole de
Dieu?
Tout d'abord, voyons ce que les auteurs
du Nouveau Testament affirment au sujet des auteurs de l'Ancien
Testament. Le Nouveau Testament contient au moins 320 citations de
l'Ancien Testament (2) et y fait allusion environ 1000 fois. Sans
conteste, les auteurs du Nouveau Testament considèrent l'Ancien
Testament comme une révélation divine, la Parole inspirée de Dieu.
Par exemple, l'apôtre Paul écrit: «Or,
tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction,
afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les
Écritures, nous possédions l'espérance.» (Rom. 15:4). Il va jusqu'à
attribuer les paroles de Dieu lui-même aux Écritures de l'Ancien
Testament: «Aussi l'Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les
païens par la foi, a d'avance annoncé cette bonne nouvelle à
Abraham. Toutes les nations seront bénies en toi!» (Gal. 3:8)
Ensuite, voyons si un auteur du Nouveau
Testament affirme qu'un autre auteur du Nouveau Testament est
inspiré. Comme nous l'avons vu au chapitre 4, c'est le cas de
l'apôtre Pierre qui parle de Paul: «C'est pourquoi, bien-aimés, en
attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans
tache et irréprochables dans la paix. Croyez que la patience de
notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul
vous l'a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce
qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans
lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les
personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui
des autres Écritures, pour leur propre ruine. » (2 Pierre 3:14-16).
Que dit Pierre? Premièrement, que Paul a
écrit d'une certaine manière dans toutes ses épîtres, et
deuxièmement, que ses écrits font partie des Écritures. Ainsi Pierre
déclare que les épîtres de Paul sont inspirées et, par conséquent,
la Parole de Dieu.
A maintes reprises, l'apôtre Paul
affirme communiquer par inspiration une révélation reçue directement
de la part de Dieu.
Voici un premier exemple: «Je vous
déclare, frères, que l'Évangile qui a été annoncé par moi n'est pas
de l'homme: car je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme, mais par
une révélation de Jésus-Christ.» (Gal. 1 :11-12)
Voici une autre affirmation du caractère
inspiré de son message: -C'est pourquoi nous rendons continuellement
grâces à Dieu de ce qu'en recevant la parole de Dieu, que nous vous
avons fait entendre, vous l'avez reçue, non comme la parole des
hommes, mais, ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la parole de
Dieu, qui agit en vous qui croyez. » (1 Thess. 2:13). Paul n'aurait
pu déclarer plus clairement qu'il croyait enseigner et écrire la
Parole de Dieu même. Par conséquent, ou bien Paul faisait preuve
d'un orgueil monstrueux, ou bien il déclarait tout simplement la
vérité.
Du début de la Bible à la fin, ses
auteurs sont totalement convaincus de communiquer les paroles mêmes
de Dieu. Leurs écrits revendiquent une inspiration et une autorité
divines qui ne sont propres à aucun autre écrit antérieur ou
ultérieur.
Revenons à la question posée au début de
ce chapitre: existe-t-il une nette différence entre la façon dont
Dieu a parlé autrefois par les prophètes et les apôtres et sa
manière de nous parler aujourd'hui? Dieu accomplit certes des
merveilles à notre époque: par son Saint-Esprit, il guide et
fortifie ses enfants afin qu'ils témoignent, écrivent et agissent
avec un impact et une puissance extraordinaires. En revanche, Dieu
n'inspire aucune nouvelle révélation destinée à être ajoutée à l'Écriture.
En un mot, le Canon de l'Écriture est clos.
Le mot «Canon» exige un peu
d'explications. En effet, lorsque l'on mentionne le « Canon » de l'Écriture,
la perplexité se lit sur le visage de certains croyants, Ils savent
que la Parole de Dieu est comparée à une épée à deux tranchants (Héb.
4:12), mais ils ne se souviennent d'aucun passage qui la compare à
une arme à feu!
En réalité, le mot « canon» est à la
fois une métaphore et un jeu de mots. Il vient du mot grec, kanon,
qui signifie « une baguette ou une barre... une règle (pour
mesurer), un critère, une limite ».(3) La racine du mot kanon
provenait à l'origine d'un mot qui signifiait «un roseau» (cf. notre
« canne »). A l'époque de la Bible, les Israélites utilisaient un
roseau comme une unité de mesure. Ainsi, ce mot a fini par signifier
au sens figuré «étalon » ou « norme».
Ce terme était employé dans de nombreux
domaines: en grammaire, pour une règle; en chronologie, pour un
tableau de dates; en littérature, pour une liste de livres attribués
à un auteur donné.' Enfin, le mot Canon a été utilisé pour désigner
la liste complète des livres inspirés et reçus de Dieu. En 250 après
J.C., Athanase, évêque d'Alexandrie, appellera «Canon» l'ensemble du
Nouveau Testament. (5) Par ce terme, il indique que les vingt-sept
livres employés dans les Églises sont l'achèvement de la révélation
que Dieu avait commencé à donner dans les livres de l'Ancien
Testament.
Quelques livres du Nouveau Testament ont
certes été contestés pendant un temps par certains, néanmoins la
liste de livres retenus par Athanase et par d'autres Pères de l'Église
des premiers siècles a été universellement approuvée ensuite.
Cela ne signifie pas qu'ils ont décidé eux-mêmes quels livres
feraient partis du Nouveau Testament mais qu'ils reconnurent les
livres généralement utilisés dans les églises depuis le temps des
apôtres. La majorité des livres du Nouveau Testament formaient déjà
un ensemble dans les manuscrits en provenance d'Antioche qui furent
traduits pour la première fois dans la Peshitta Syriaque vers l'an
150 et dans la Vestus Itala vers l'an 160. Ces textes furent
recopiés dans l'original comme dans les traductions et distribués
dans les différentes églises de cette période, chaque église les
recopiait puis les envoya à une autre église qui fit de même. Il
faut réaliser que cela était un long procédé car la photocopieuse
n'existait pas en ce temps et tout était fait à la main sous la
direction de la providence de Dieu. Ce sont ces copies qui forment
la masse des manuscrits que nous avons de nos jours et dont le
nombre est au-dessus de six mille en grec, huit mille en latin, et
un grand nombre en autres langues. Même que certaines églises y
ajoutèrent des livres reconnus aujourd'hui comme des pseudopigraphes
ou faux écrits. Les auteurs de ces livres tentaient de les faire
accepter au sein de la communauté chrétienne en y signant le nom
d'un apôtre quelconque. Ceux-ci sont assez nombreux. Pour en
mentionner quelques uns, nous y trouvons l'Évangile de Pierre,
l'Apocalypse de Pierre, les Actes des Apôtres, les Actes d'André,
l'Apocalypse de Paul, etc. Quelques-uns toutefois furent reconnus
comme étant inspirés par certaines églises, de ceux-là nous avons la
Didaché des Apôtres, l'Épître de Barnabé, le livre d'Énoch, et le
Berger d'Hermas. La purge des livres du Nouveau Testament se fit que
graduellement, certaines régions gardant le Canon d'Antioche intact,
et d'autres étant plus hésitantes. Mais jamais aucun concile ne
décida quel livres était pour faire parti de la Bible, cela était
sous la direction de l'Esprit qui agissait pas sa divine providence
dans la préservation de sa Parole écrite. Tout ce que les Conciles
purent faire étaient de reconnaître un Canon déjà existant et y
donner leur approbation. Qu'ils aient décidé de l'accepter ou non ne
change rien au Canon déjà établit par l'Esprit, car nous le voyons
au cours de l'histoire s'affermir davantage pour finalement prendre
forme finale au temps de la Réforme et de là dans nos versions de la
Bible. Aujourd'hui, l'expression de «Canon de l'Écriture» implique que
la
Bible est complète. Dieu nous a communique sa révélation une fois
pour toutes. Désormais la Bible - Parole de Dieu irrévocable,
efficace, suffisante, infaillible, inerrante et revêtue de
l'autorité divine - est l'unique étalon qui nous permet de jauger la
valeur de toute idée et de tout autre écrit. L'accomplissement ou
perfectionnement de la révélation écrite est ce que l'apôtre Paul
mentionne dans 1 Cor. 13:9,10: «Car nous connaissons en partie, et
nous prophétisons en partie. Mais quand la perfection sera venue,
alors ce qui est en partie sera aboli.» Dans ce passage, le mot
perfection est «TÉLÉIOS» (Strong #5046)
et signifie «accomplir», et cela s'applique à l'accomplissement des
écrits du Nouveau Testament dans lequel nous avons la parfaite
révélation de l'amour de Dieu et où nous «contemplons, comme en un
miroir, la gloire du Seigneur à face découverte» (2 Cor. 3:18). Le
Canon du Nouveau Testament avait été scellé par l'Esprit de Dieu
depuis l'église d'Antioche. Aucune autre révélation écrite ne
pouvait y être ajoutée. Quoique certains écrits puissent nous
inspirer comme les trois allégories de John Bunyan «Le Voyage du
Pèlerin, Le Voyage de Christine, et La Guerre Sainte», et même si
nous considérions Bunyan comme le dernier des prophètes, ces écrits
ne peuvent trouver place dans le Canon des Écritures.
Le mot « Canon» n'a pas été employé pour
les Écritures à l'époque de l'Ancien Testament. En revanche, les
trente-neuf livres de notre Ancien Testament étaient reconnus comme
formant un recueil unique d'écrits sacrés.
Deux critères ont servi pour reconnaître
un livre comme faisant partie de ce recueil: (1) il devait être
écrit par un prophète ou par quelqu'un ayant le don de prophétie et
donc inspiré par Dieu; (2) il devait être reçu, conservé et lu par
les Israélites, le peuple de Dieu.
Certains auteurs de l'Ancien Testament
n'étaient pas connus officiellement comme des prophètes. Par
exemple, Daniel était en fait un Juif devenu haut fonctionnaire
pendant la captivité à Babylone. David et Salomon étaient deux des
rois d'Israël. Néhémie était l'échanson du roi Artaxerxès lorsqu'il
était en exil à Babylone avant de devenir gouverneur de la ville
restaurée de Jérusalem. Cependant, tous ces hommes étaient
considérés comme ayant des dons prophétiques et ont été employés par
Dieu pour écrire et parler de sa part.
Le dernier livre de l'Ancien Testament à
être reconnu comme la Parole de Dieu a été rédigé vers 425 avant J.C.
par le prophète Malachie. Savoir quels livres étaient inspirés par
Dieu ne posait aucun problème. D'une part, leurs auteurs affirmaient
être inspirés (comme nous l'avons vu plus haut); d'autre part, quand
le peuple de Dieu a vérifié ces écrits, ils n'y ont décelé aucune
erreur, d'ordre historique, géographique ou théologique qui puisse
mettre en doute leur inspiration.
La tradition juive soutient que les
derniers compilateurs du Canon de l'Ancien Testament appartenaient à
la Grande Synagogue, cette école de scribes fondée par Esdras après
le retour des Juifs de la captivité à Babylone. Fait intéressant,
tout comme à cette époque, à plusieurs reprises on a essayé
d'ajouter aux Écritures de l'Ancien Testament une quinzaine de
livres non canoniques appelés aujourd'hui les Apocryphes (du grec
apokrupha, caché). Ils comprennent 1 et 2 Esdras, Tobie, Judith, des
Additions au livre d'Esther, la Sagesse de Salomon,
l'Ecclésiastique, Baruch (avec la Lettre de Jérémie), des Additions
au livre de Daniel (le Cantique des Trois Jeunes Gens, la Prière d'Azarias,
l'histoire de Suzanne, Bel et le Dragon), la Prière de Manassé et 1
et 2 Maccabées.
Les Juifs n'ont jamais ajouté les livres
apocryphes au Canon de l'Ancien Testament car: (1) rédigés fort
longtemps après l'achèvement du Canon vers 400 avant J.C., ils ne
possèdent aucun souffle prophétique propre aux Écritures inspirées.
(6) (2) Aucun de leurs auteurs n'affirme être divinement inspiré, et
certains même le nient. (3) Ils contiennent des erreurs de fait et
des enseignements éthiques et doctrinaux en contradiction avec le
Canon hébraïque. Par exemple, ils justifient le suicide et
l'assassinat, et enseignent aussi la prière pour les morts. (Fait
intéressant, au Concile de Trente (1546) l'Église catholique a
accepté les livres apocryphes, décision confirmée par le Concile du
Vatican (1870). Toutefois, la Bible de Jérusalem reconnaît ces
livres comme «deutérocanoniques» car absents de la Bible hébraïque.)
Les critères employés par l'Église
primitive pour reconnaître les Écritures du Nouveau Testament
étaient à peu près les mêmes que ceux utilisés par les Juifs pour
les livres de l'Ancien Testament.
Le livre a-t-il été écrit par un apôtre
ou par quelqu'un étroitement associé à un apôtre ? Une fois encore,
la question-clé était l'inspiration du livre, mais pour être reconnu
comme inspiré
un livre devait avoir été écrit par un apôtre ou par un proche
collaborateur d'un apôtre, ou encore par quelqu'un ayant connu
personnellement le Seigneur. Par exemple, Marc n'était pas un
apôtre, mais il était un intime de Pierre. Luc, le seul auteur
non-juif du Nouveau Testament, n'était pas non plus un apôtre, mais
il a collaboré étroitement avec Paul, devenu apôtre suite à son
expérience particulière sur le chemin de Damas. Ceci ne signifie pas
que les apôtres étaient eux-mêmes inspirés car la Bible déclare que
ce sont les Écrits, les lettres mêmes qui composent le Texte Sacré,
qui sont inspirées et non les rédacteurs (2 Tim. 3:16). Tant qu'aux
rédacteurs on ne peut leur attribué l'inspiration mais
l'illumination, c'est à dire la révélation directe de Dieu des mots
et concepts qui font partie des Écritures.
Jésus a promis de rendre les apôtres
capables de rédiger l'Écriture inspirée quand il leur a annoncé dans
la Chambre Haute: «... le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père
enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous
rappellera tout ce que je vous ai dit» (Jean 14:26). Le Seigneur n'a
pas fait cette promesse aux croyants de tous les siècles mais
spécifiquement à ses apôtres et ils le savaient. En effet, comme
nous l'avons déjà vu dans ce chapitre, ils affirment eux-mêmes être
appelés d'une manière irrésistible à ce travail (2 Pi. 1:19-21) et ils confirment l'inspiration des
écrits des autres apôtres (2 Pi. 3:15). Sans
conteste, le critère essentiel de l'inspiration des écrits du
Nouveau Testament est l'autorité apostolique.
Un autre critère appliqué par l'Église
primitive concerne le contenu des livres. Les écrits en question
s'accordent-ils avec la doctrine des apôtres? Dans les premières
années de l'Église, les Gnostiques et d'autres hérétiques ont tenté
d'introduire de faux livres, mais en vain: s'ils ne s'accordaient
pas avec la doctrine apostolique, ils n'avaient aucune chance d'être
acceptés. Or, les aberrations doctrinales étaient faciles à
reconnaître.
Un troisième critère consistait à
demander si le livre était lu et utilisé dans les Églises. Le peuple
de Dieu l'acceptait-il, le lisait-il dans les cultes publics, et
mettait-il son enseignement en pratique?
Le critère final concerne la
reconnaissance et l'emploi des livres par les générations
immédiatement postérieures aux apôtres et surtout par les Pères
apostoliques. Les Pères de l'Église (comme Polycarpe. Justin Martyr,
Tertullien, Origène, Eusèbe, Athanase, Jérôme et Augustin)
utilisaient et approuvaient les écrits apostoliques. Fait important,
ces Pères n'ont pas imposé à l'Église des livres choisis par eux.
Aucun homme ni aucun groupe d'hommes n'a déclaré canonique un seul
livre.
C'est Dieu qui a décidé du Canon en
inspirant certains livres et pas d'autres. Ensuite, les hommes ont
reconnu leur inspiration en les lisant régulièrement pendant une
longue période. Le Canon a finalement fait l'objet d'un consensus
tant chez les dirigeants de l'Eglise que chez les fidèles, les uns
et les autres étant guidés par le Saint-Esprit.
Comme avec l'Ancien Testament, un nombre
impressionnant de livres apocryphes du Nouveau Testament ont
également surgi. Ils comprennent l'épître de Barnabé, l'Apocalypse
de Pierre, l'Évangile de Nicodème, le Berger d'Hermas et aussi les «Évangiles»
d'André, de Bartolomé, de Thomas et de Philippe. Mais tous ces
livres ont été écartés du Canon du Nouveau Testament car leur
caractère apostolique n'a pu être démontré à l'aide des critères
d'authenticité déjà mentionnés.
Le Canon des livres inspirés du Nouveau
Testament s'est constitué de façon lente et graduelle sans qu'aucun
concile l'ait jamais décrété officiellement. En revanche, plusieurs
conciles ont reconnu le consensus existant déjà parmi les croyants
concernant les livres considérés comme inspirés. A la fin du
quatrième siècle l'unanimité sur le Canon était totale: les 27
livres de notre Nouveau Testament étaient reconnus partout. (7)
Les faux livres apocryphes de l'Ancien
et du Nouveau Testaments (appelés aussi les pseudepigrapha)
constituaient seulement les premières tentatives à ajouter « de
nouvelles révélations» à l'Écriture. (8) Au cours des siècles, et
encore à notre époque, divers individus ou groupes ont revendiqué
pour leurs écrits une inspiration et une autorité égales à celles de
la Bible, avec toujours la même conséquence, l'erreur et le chaos
spirituel. Pour preuve, il suffit de considérer les affirmations des
principales sectes en marge du vrai christianisme.
Les Mormons ont mis sur le même plan que
l'Écriture trois œuvres: La Doctrine et les Alliances, la Perle de
grand prix, et le Livre de Mormon. Par exemple, le Livre de l'Alma
(5:45-46) déclare: «Ne supposez-vous pas que je connais moi-même ces
choses? Écoutez, je peux vous affirmer que je sais que ce que
j'écris est vrai. Comment croyez-vous que je le sache avec
certitude? Parce que le Saint-Esprit de Dieu me l'a révélé... c'est
l'esprit de révélation qui est en moi. » (9)
La Science chrétienne a élevé La Science
et la Santé, et Clé des Écritures au même niveau que l'Écriture.
L'un de leurs documents affirme: « Parce qu'il ne s'agit pas d'une
philosophie humaine, mais d'une révélation divine, la raison et la
logique divines de la Science Chrétienne la met à part de tout autre
système. » (10) Mary Baker Eddy, prétendue « révélatrice de vérité
pour cette génération», (11) a écrit: « Je rougirais de me croire le
seul auteur, sans Dieu, de La Science et la Santé, et Clé des
Écritures. Je n'ai été qu'un scribe.» (12)
Les Témoins de Jéhovah commettent la
même erreur quand ils prétendent: «La Tour de Garde est une revue
sans égal sur terre, car Dieu en est l'auteur. » (13)
David Berg, le leader des Enfants de
Dieu pense lui aussi avoir reçu de nouvelles révélations de la part
de Dieu. Se prenant à la fois pour Moïse, pour un prophète des
derniers jours et pour David, le roi d'Israël, Berg a écrit environ
cinq cents lettres en cinq ans. Selon un rapport paru dans
Christianirv Today, Berg (à qui l'on attribue plusieurs concubines)
affirme que ses lettres sont «la Parole de Dieu pour aujourd'hui»
qui remplace la Bible, <la Parole de Dieu pour hier.» (14)
Et qu'en est-il des églises dites
chrétiennes qui ajoutent leur Confession de Foi ou des Symboles
comme ceux des Apôtres, de Nicée et d'Athanase, ou de celles qui
ajoutent des pratiques extatiques comme le parler en langues et la
Prophétie comme ayant autorité au même niveau que les Écritures.
Toutes ces choses renverse l'autorité des Écritures pour la remettre
entre les mains de personnes astucieuses qui ne demandent mieux que
de dominer sur la foi et sur les consciences individuelles.
Ce ne sont que quelques exemples parmi
un grand nombre. Néanmoins, ils illustrent un fait essentiel tout
aussi vrai aujourd'hui que lors de la formation du Canon: quiconque
critique et conteste, retranche ou ajoute à la Parole inspirée de
Dieu finit par rejeter l'autorité divine du Seigneur Jésus-Christ
lui-même et par transférer son autorité suprême à l'homme. En un
mot, il substitue la créature au Créateur.
Les auteurs de l'Écriture s'expriment
avec une conviction et une autorité uniques qui ne peuvent venir que
de Dieu lui-même. Ils n'emploient jamais des expressions comme: «Je
crois avoir raison» ou: «Vous ne serez sans doute pas d'accord, mais
moi, je pense... » Au contraire, ils répètent à maintes reprises et
de diverses manières: «Ainsi parle l'Eternel» ou encore: «Dieu a mis
ses paroles dans ma bouche ». Ils ne supposent pas que leurs écrits
sont inspirés de Dieu, ils le savent.
Tout chrétien devrait connaître et bien
comprendre l'expression « le Canon de l'Écriture ». Le Canon désigne
les soixante-six livres reconnus comme règle infaillible de foi et
de pratique pour l'Église de tous les temps. Depuis l'achèvement du
Canon du Nouveau Testament au quatrième siècle, certains se sont
demandé si l'on ne devrait pas y ajouter d'autres livres; après
tout, affirment-ils, Dieu a continué à agir et à parler par le
Saint-Esprit tout au long des siècles. Cependant, Apocalypse 22:18
insiste sans ambiguïté: «Je le déclare a quiconque entend les
paroles de la prophétie de ce livre, si quelqu'un y ajoute quelque
chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre. »
Vous pouvez toujours prétendre que cet
avertissement ne s'applique pas à la Bible tout entière mais au seul
livre de l'Apocalypse. Cependant, avant de vous féliciter de cette
trouvaille, souvenez-vous que l'Apocalypse, à la fois par son
contenu et par la décision de ceux qui ont arrêté le Canon,
constitue le dernier livre de la Bible. Par conséquent, ajouter à
l'Apocalypse revient à ajouter à la Bible et expose celui qui agit
ainsi à subir la malédiction prononcée dans Apoc. 22: 18.
Certes, on doit admettre que des plaies
littérales ne se sont pas forcément abattues sur ceux qui ont ajouté
à l'Écriture. Cependant certains d'entre eux ont connu un destin
tragique, voire terrible. Par ailleurs, il se peut que Dieu retienne
parfois la plénitude de la malédiction d'Apocalypse 22:18 jusqu'au
jour du Jugement dernier. Une chose est certaine: Christ a mis le
sceau de sa propre autorité sur l'Écriture, et l'Église, guidée par
le Saint-Esprit, a discerné quels livres ont été inspirés par Dieu.
Par conséquent, admettre que quiconque puisse annoncer une
révélation de la part de Dieu revient à payer un prix beaucoup trop
élevé. En effet, nier, voire simplement négliger, le fait que les
Saintes Écritures constituent l'unique Parole de Dieu inspirée ouvre
la porte à n'importe quelle innovation et déviation.
.
1 Henry M. Morris, Many Infaillible
Proofs (San Diego, Creation-Life Publishers, 1974), p. 157.
New Testament (Edinburgh: T. and T.
Clark, 1921), p. 230.
.
4 Merril C. Tenney, The New Testament
(Grand Rapids, WM. Eedrmans Publishing Co.,1953), p. 47
.
5 B. F. Westcott, A General Survey of
the History of the Canon of the New Testament (Londres: Macmillan
Publishing Co., 1875), p. 516.
.
6 La formation du Canon de
l'Ancien-Testament est traitée de façon très complète par Norman L. Geisler et William E. Nix dans: From God to Us: How We Got Our Bible
(Chicago: Moody Press, 1974).
.
7 Voir l'article « The Canon of Scripture» par Donald Guthrie dans The New International Dictionary
of the Christian Church (Grand Rapids: Zondervan Publishing House,
19-74), pp. 189-190.
.
8 Les livres apocryphes sont bien
traités par Norman L. Geisler et William E. Nix dans A General
Introduction to the Bible (Chicago, Moody Press, 1968), op. 162-207,
.
9 Alma 5: 45-46. The Book of Mormon,
(Salt Lake City: The Church of Jesus-Christ of Latter-Day Saints,
1950), p. 208.
.
10 The Christian Science journal 3:7
(juillet 1975), p. 362.