CONTRADICTIONS ET ABERRATIONS TRINITAIRES

Historique du dogme de la Trinité Ontologique

 

par Jean leDuc (mars 2007)

 

 

INTRODUCTION

 

CHAPITRE 1

DÉVELOPPEMENT DE LA DOCTRINE DE LA TRINITÉ

A - FORMULATION DU DOGME DE LA TRINITÉ

B - SABELLIANISME VERSUS MODALISME

C - LA TRINITÉ ET LA BIBLE

 

CHAPITRE 2

L'EMPEREUR CONSTANTIN ET LE CONCILE DE NICÉE

A - LA TRINITÉ DE CONSTANTIN

B - LA TRINITÉ DES MELCHITES

 

CHAPITRE 3

LES SYMBOLES OU CONFESSIONS DE FOI OECUMÉNIQUES

A - LE SYMBOLE DE NICÉE

B - LE SYMBOLE DE NICÉE-CONSTANTINOPLE

C - LE SYMBOLE DIT D'ATHANASE

D - LE SYMBOLE DE CHALCÉDOINE

E - ANCIENNE POLÉMIQUE SUR LA TRINITÉ

F - TOME DE DAMAS

G - LA TRINITÉ CAPITOLINE

 

CHAPITRE 4

LES RÉFORMATEURS ET LA TRINITÉ

A - NON SUFFISANCE DE LA RÉFORMATION

B - STAGNATION DE LA RÉFORMATION

C - DÉCEPTION DE LA RÉFORMATION

D - DÉRISION DE LA TRINITÉ

 

CHAPITRE 5

LA PRÉEXISTENCE DE JÉSUS-CHRIST

A - INCOMPRÉHENSION DES DISCIPLES AVANT LA PENTECÔTE

B - TENTATIVES DE DESCRIPTION DE LA PERSONNE DE JÉSUS-CHRIST

C - UNANIMITÉ FICTIVE DES PÈRES DE L'ÉGLISE

D - DUPLICITÉ DES GRANDS CONCILES

E - L'IDENTITÉ DE JÉSUS-CHRIST

 

CHAPITRE 6

TRADUCTIONS DE LA BIBLE ET TRINITÉ

A - TRADUCTIONS ET VERSIONS TRINITARIENNES

B - RÉFORME DES DERNIERS TEMPS ET BIBLE DE L'ÉPÉE

C - TEXTES PURIFIÉS ET RÉVISÉS

 

CHAPITRE 7

AGRESSIONS TRINITARIENNES

A - LES TRINITARIENS PASSENT À L'ATTAQUE

B - CONCLUSION

 

 

 


 

INTRODUCTION

Dieu est l’être suprême des religions, considéré comme "créateur et source de tout ce qui existe"; on lui attribue la perfection, l'infinitude, l'immuabilité, l'éternité, la bonté, l'omniscience et l'omnipotence. Les penseurs religieux ont soutenu que Dieu est un mystère dépassant l'entendement humain. Les philosophes et les théologiens ont formulé diverses conceptions, toutes limitées, s'éloignant donc de plus en plus de la vérité. Pour les philosophes, Dieu est un principe abstrait que la raison, sous la forme du discours philosophique, tente de comprendre. Chaque philosophe insiste sur tel ou tel des attributs de son Dieu, en fonction de la thèse qu'il entend défendre. Le Dieu des philosophes représente en général la cause première de l'univers et la perfection. Il ne détient son existence d'aucune autre source que de lui-même. Il n'est donc la résultante d'aucune révélation ni d'aucun acte de foi. Tandis que dans la religion l'idée de Dieu est une intuition, donnée à l'homme par Dieu lui-même, ou une révélation, de nombreux philosophes ont essayé d'apporter des preuves logiques de son existence. Ayant perdu, par rapport aux dieux des religions, certaines de leurs qualités fondamentales, notamment la crainte qu'ils inspirent, la vénération dont ils sont l'objet, le Dieu des philosophes tend à devenir un concept d'absolu impersonnel et théorique.

 

Dans le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam, les trois religions enracinées dans la tradition biblique, Dieu est conçu d'abord en termes de transcendance, de personnalité et d'unité. La fausse religion de l'Islam avec son pseudo prophète Mohamet, ne nous importe point dans ce texte, nous allons plutôt nous centrer sur le Judaïsme et surtout sur le Christianisme.

 

Judaïsme
L'idée de transcendance est introduite dès les premiers versets de la Bible hébraïque, où Dieu, Yahvé, est présenté comme créateur du monde, mais extérieur à lui et produit de sa volonté. Rien de créé ne pouvait représenter le Créateur, c'est pourquoi il était interdit de le matérialiser. Mais il a aussi été écrit que l'homme a été fait à l'image de Dieu: la perception hébraïque de Dieu était donc nettement anthropomorphique. Il promettait et menaçait, il pouvait se mettre en colère ou être jaloux; mais ses attributs premiers demeuraient la vertu, la justice, la clémence, la vérité et la fidélité. Il a été perçu comme un roi, un juge et un berger. Il s'est lié à son peuple par des alliances et, ce faisant, se limita lui-même. Le Dieu des Hébreux est unique; son commandement est : « Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi ».

 

Christianisme
Le christianisme primitif a repris le Dieu hébreu, mais avec le temps, sous l'influence de dirigeants avides de pouvoir et de gloire personnel, il se développa une forme de christianisme qui sombra dans la mondanité et élabora la fausse notion de la Trinité.
Tous les chrétiens (catholiques, orthodoxes, protestants, et sectes évangéliques) croient en Dieu Un et Trinité (un seul Dieu en trois personnes Père, Fils et Esprit). Comme nous allons voir dans ce document, leur foi repose non sur la révélation de Dieu en Jésus-Christ retrouvée dans les Écritures, mais sur des spéculations philosophiques sur l'existence de Dieu, sur la divinité de Christ et sur la personnalisation du Saint-Esprit. Au début on cherchait à attribuer à ce dernier une personnalité féminine, la colombe étant le symbole d'une déesse babylonienne, obtenant ainsi une triade de Père, Fils, et Mère, tout comme dans plusieurs religions à mystères du temps. Quoique cette présentation plut à un christianisme paganisé, elle était trop audacieuse et on préféra demeurer sous la duplicité du langage en retenant le Saint-Esprit avec son symbolisme de la colombe, et on déclara qu'en Dieu il y a trois personnes ou subsistances distinctes: le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.

 

Quoiqu' il en soit, est-il bien vrai que le christianisme traditionnel et sectaire, tel que décrit plus haut, n'admette qu'un seul Dieu, le même que celui de Moïse et des apôtres ? Ne voyons-nous pas les prétendus chrétiens adorer une divinité triple, sous le nom de trinité ? Le Dieu suprême aurait généré de toute éternité un Fils égal à lui; de l'un et de l'autre de ces dieux, il en procède un troisième, égal aux deux premiers; ces trois dieux, égaux en divinité, en perfection, en pouvoir, mais distincts en personnes, ne forment néanmoins ontologiquement qu'un seul dieu. Ne suffit-il donc pas d'exposer ce système idolâtre, pour en montrer l'absurdité ? N'est-ce donc que pour révéler de pareils mystères, que la divinité s'est donné la peine d'instruire le genre humain ? Les nations les plus ignorantes, et les plus sauvages, ont-elles enfanté des opinions plus monstrueuses, et plus propres à dérouter la raison ? Cependant les écrits de Moïse ne contiennent rien qui ait pu donner lieu à ce système si étrange, ni le trouvons-nous dans les écrits des apôtres dans le Nouveau Testament; ce n'est que par des explications spéculatives forcées, que l'on prétend trouver le dogme de la trinité dans la Bible. Quant aux juifs et les premiers chrétiens, contents du Dieu unique, que leur législateur leur avait annoncé, ils n'ont jamais songé à le tripler. La seule différence est que les Juifs non chrétiens ne reconnaissaient pas la divinité de Christ comme étant leur Dieu manifesté dans la chair, c'est en fait pour cette raison même qu'ils le firent crucifier, car pour eux ce fut un blasphème hautain qu'un homme se disent Fils de Dieu et s'attribut la désignation de JE SUIS qui est le nom éternel de leur Dieu transcendant qu'ils appellent leur Père.

 

Les chrétiens croient-ils réellement en un seul Dieu ? Pourquoi cette affirmation que Dieu est à la fois Père, Fils et Saint Esprit ? Quel est le sens de pareille certitude, apparemment contraire à toute logique ainsi qu'aux Saintes Écritures, que Dieu est un en trois et trois en un ? Pourquoi lui donner une si grande importance ? Ne serait-ce un plan conçu d'un empereur machiavélique dans le but d'égarer le monde face à la foi réelle afin de centraliser son pouvoir ? De toutes les affirmations de la foi chrétienne, la confession de la Trinité est tout à la fois la plus centrale et la plus sensible, elle est le pivot même de l'existence des églises Catholique, Protestantes, et des sectes dites Évangélique. Cette conviction et l'enseignement qui en résulte ont un but simple: dire qui est Dieu en spéculant sur son existence. Néanmoins en se donnant à connaître aux humains, Dieu n'est plus inaccessible, mais il ne se laisse pas pour autant enfermer dans des spéculations issues de la philosophie Platonicienne et des religions à mystères. En confessant le Dieu trinitaire, l'Église dite chrétienne dans ses différentes dénominations et sectes, veut parler de la vie telle qu'elle la conçoit et confesser celui qu'elle prétend être le seul Dieu vivant, mais qui en réalité est un faux dieu, afin de maintenir son monopole sur la foi et les consciences. Dieu n'est pas une divinité inaccessible, un monarque jouissant d'un monopole, isolé dans un palais, inconnu des humains. Pareille divinité n'existe que dans l'imagination des hommes. La Bible, l'Ancien et le Nouveau Testament nous rendent un tout autre témoignage. Dieu est ouvert à ce qui est différent, il entre dans l'histoire et vit avec son peuple. La relation fait partie de Dieu, et dans le but de maintenir cette relation, l'Esprit Éternel se révèle premièrement à son peuple sous la loi par le nom de JE SUIS puis sous la grâce par le nom de JÉSUS. Le Dieu de l'Ancien Testament et le Dieu du Nouveau Testament est le même Dieu, Celui qui se révéla à Moïse est le même qui prit miraculeusement un corps de chaire parmi nous, qui est mort et ressuscité pour le salut de son peuple, de ceux qu'il avait prédestiné avant la fondation du monde selon son bon plaisir d'après le conseil de sa volonté souveraine.

 

Même si de nombreux adeptes de la Trinité admettent facilement qu’on ne trouve dans les Saintes Écritures aucune mention précise de cette doctrine, la plupart insiste néanmoins obstinément qu’il existe dans le corps des Écritures le fondement d'un tel enseignement, par l’association entre deux passages, ou, comme certains le suggèrent, par l’insinuation collective de tels textes. En d'autres mots, par une telle pratique ils ajoutent leurs conjectures au Texte Sacré et font dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas. La suffisance des Écritures est ainsi anéantie par les spéculations des partisans d'un christianisme bâtardisé qui s'illusionnent être dans la vérité. Dans la Bible, le seul vrai Dieu se révèle comme Père, Fils et Saint-Esprit, mais jamais comme une trinité de trois personnes distinctes, une telle doctrine lui est complètement étrange et ne fut proclamé par aucun des apôtres ni par l'Église primitive. Ceux qui sont honnête admettrons qu'aucun passage dans la Bible ne mentionne spécifiquement une tel concept, et que les Écritures n'enseignent aucunement que la foi en une telle doctrine est nécessaire au salut, comme le prétendent les Symboles ou Confessions de Foi oecuméniques de Nicée, d'Athanase et de Chalcédoine. Les réprouvés persistent à nous dire que la doctrine de la Trinité n'est pas une doctrine inventée par les chrétiens, mais une vérité précieuse révélée dans la Bible, donnant l'évidence qu'ils sont en sérieux manque de discernement et de connaissance historique, car les évidences sont toutes autres de ce qu'ils affirment. Le problème est beaucoup plus sérieux que la majorité le pense, car cela voudrais dire que tous ceux qui confessent une telle doctrine, qu'ils en soient conscient ou non, proclament un faux Dieu, un faux Christ et un faux Esprit, et donnent l'évidence qu'ils ne croient aucunement en l'autorité des Écritures même s'ils disent le contraire. Nous ne pouvons, selon les faits, arriver à aucune autre conclusion que de dire qu'ils sont des faux chrétiens qui marchent dans l'illusion d'une prétendue foi qui les égare de plus en plus dans l'obscurité d'un raisonnement charnel erroné. Mais soyons clair, cela ne signifie pas que Dieu n'utilise ou n'a jamais utilisé de telles personnes pour l'accomplissement de ses desseins. L'histoire chrétienne nous témoigne de ce fait, surtout du temps des Vaudois et de la Réformation où nous voyons les grands Réformateurs tel que Martin Luther, Jean Calvin, et plusieurs autres réanimer et développer les précieuses doctrines chrétiennes de la justification par la foi, du salut par la grâce et de la double prédestination. Puisqu'en réalité  la doctrine de la Trinité n'est pas essentielle au salut, leur conviction de ne faire foi qu'à ce qui est expressément écrit dans les Écritures rejetait ainsi dans le néant toutes les constructions théologiques postérieures.

 

Le problème des Réformateurs tenait à leur peur d'être considérés comme trop négatifs. Au moment de discuter de la trinité, il y eut une sorte de consensus: Luther, Zwingli et Calvin affirmèrent que c'était un mystère dont il ne fallait pas trop parler. Cette question ne devait pas être soulevée, car elle était trop épineuse. Les Réformateurs soupçonnaient que quelque chose n'allait pas dans la doctrine et la dogmatique de l'époque, mais ne voulaient pas donner l'impression de tout renverser. C'est dommage, en matière de probité intellectuelle. Quand on ne va pas jusqu'au bout de ses idées, on risque d'aboutir à des solutions mi-chèvre mi-chou, et qui ne conviennent à personne. Calvin avait écrit sur la Trinité: «En cas que quelqu’un soit hétérodoxe, et qu’il se fasse scrupule de se servir des mots Trinité et Personne, nous ne croyons pas que ce soit une raison pour rejeter cet homme; nous devons le supporter sans le chasser de l’Église, et sans l’exposer à aucune censure comme un hérétique.» C’est après une déclaration aussi solennelle que Jean Chauvin, dit Calvin, fils d’un tonnelier de Noyen, fit brûler dans Genève, à petit feu, avec des fagots verts, Michel Servet de Villa-Nueva, qui avait écrit: «La Trinité est un cerbère à trois têtes de l'enfer et ceux qui croient en la Trinité sont de fait des athées ». De nos jours, ceux qui se disent chrétiens et qui ont une moyenne connaissance de l'histoire de la Réformation, car malheureusement une grand nombre en n'ont absolument aucune notion tout comme si les Réformateurs n'auraient jamais existés, ont tendance à croire que la Réforme cessa à cette période. Mais le contraire est vrai car la Réforme persiste encore de nos jours, les gens n'ont simplement aucun discernement pour reconnaître les Réformateurs des derniers temps, ni n'en veulent-ils car ils ne veulent pas déloger des principes d'une orthodoxie stagnante qui a causée tant d'afflictions à la foi réelle et biblique d'un grand nombre. Par la suffisance des Écritures provient le poids de la preuve selon laquelle le dogme de la Trinité n'a aucune base scripturaire. Luther a détruit le toit de l'église papiste, disait l'un des chrétiens du temps de la Réforme, Calvin les murs, nous, nous détruisons les fondations. Ces fondations, ce sont la théologie nicéenne non scripturaire et l'autoritarisme constantinien. Il est temps de revenir au vrai christianisme, celui de l'amour de la vérité, de l'autorité des Écritures et de son inspiration perpétuelle.

 


 

CHAPITRE 1

DÉVELOPPEMENT DE LA DOCTRINE DE LA TRINITÉ

Notre foi est portée par la conviction que la croix et la résurrection de Jésus Christ sont l'événement central de l'histoire du salut, et non la doctrine d'une Trinité spéculative qui se développa quelques centaines d'années après. Ce point central est non seulement décisif pour notre vie et notre mort mais aussi pour la compréhension du Dieu. Les premiers chrétiens ont hérité du judaïsme leurs idées sur Dieu, cela est évident car au départ ils étaient tous des Juifs. L'importance capitale de la foi juive relative à Dieu était l'unicité de Celui-ci. Le premier commandement a mis en relief la place unique de Dieu: «JE SUIS le Seigneur ton Dieu; tu n'auras aucun autre dieu devant moi» (Ex 20, 2-3).  Les chrétiens croient que la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth révèlent quelque chose de définitif sur Dieu. Jésus a souvent parlé de son «Père», le Dieu du ciel et de la terre; il a aussi proclamé la venue de l'Esprit de Dieu. Après sa mort et sa résurrection, les disciples de Jésus savaient pleinement qu'il était Dieu manifesté dans la chair, car l'Esprit leur enseignait toutes choses et témoigna surtout de la divinité de Christ. Ils n'avaient aucun besoin d'un concile théologique et philosophique pour reconnaître que le Seigneur Jésus est le Dieu Tout-Puissant, le même qui avait apparu à Moïse et qui avait marché avec eux, guérissant des malades, ressuscitant des morts, et chassant des mauvais esprits. D'une part, cela fit un problème pour les Juifs chrétiens monothéistes: Jésus est-il Dieu?  Comment est-il Dieu?  Qu'est-ce que cela signifie pour Dieu le Père? Et qu'en est-il du Saint-Esprit ?  Comment sauvegarder le monothéisme, si Jésus est Dieu? D'autre part, cela donnait aux disciples de Jésus l'occasion de réfléchir sur Dieu d'une manière nouvelle. Leur expérience de Dieu en Jésus et par Jésus et leur expérience de l'Esprit de Dieu au milieu d'eux et en eux les menèrent à une perception plus profonde de Dieu et des deux natures en Christ. Cette perception nouvelle sur Dieu, celle du Nouvel Homme, s'est exprimée dans leur prière. La prière était adressée à Dieu par Jésus dans l'Esprit et les gens étaient baptisés au NOM unique de Jésus (Ac. 8:16; 19:5), c'est-à-dire «au NOM du Père et du Fils et de l'Esprit Saint» (Mt 28, 19), en d'autres mots, au NOM qui est au-dessus de tout nom (Phil. 2:9-11) et dont la rrévélation sous la grâce de la Nouvelle Alliance est qu'il y a un seul NOM pour le Père, le Fils, et le Saint-Esprit: JÉSUS-CHRIST.

 

A - FORMULATION DU DOGME DE LA TRINITÉ

Il faudra trois siècles pour que la formulation du dogme trinitaire se voie précisée et définie par un Concile de réprouvés dont plusieurs avaient trahi Christ à cause des persécutions, et d'autres avaient prostitué leur foi. Cela nécessitera l'utilisation d'un nouveau vocabulaire emprunté à la philosophie triadique platonicienne comme à celle des religions à mystères, qui ne pourra laisser la place à des divergences d'interprétation de la part de ceux qui demeuraient fidèles aux Écritures, et afin d'obscurcir les consciences pour dominer sur la foi. Pour être unie, et pour transmettre fidèlement l'enseignement de l'empereur Constantin, l'Église impériale, dite Catholique, ne pouvait pas se permettre la moindre ambiguïté dans la formulation de ce qui est au coeur de son enseignement: la subversion du christianisme authentique par une contrefaçon tellement subtile et raffinée qu'elle pourrait séduire les élus même, si cela serait possible.

 

Tertullien, au IIIe siècle, fut le premier à utiliser le mot latin Trinitas pour décrire le Dieu des philosophes comme Père, Fils et Esprit Saint, sous prétentions qu'il s'agissait du Dieu de la Bible. Spécifions que Tertullien se joignit à un groupe extatique du nom de Montaniste, précurseur du Pentecôtisme, dans lequel toutes sortes d'exagérations doctrinales se trouvaient. Il fonda ensuite la secte des Tertullianistes. L'idée de Trinité a connu de nombreux avatars, non seulement en tant qu'elle apparaît dans des contextes différents (la Trimurti en Inde par exemple) mais aussi, dans la mouvance chrétienne paganisée: aux environs de 160, un groupe gnostique baptise "au nom du Père inconnu de l'Univers, de la Vérité, mère de tous les êtres, et de Celui qui est descendu en Jésus" (St Irénée). Pour Tertullien, ces personnes sont distinctes, mais non divisées.  La précision sur ce que cela signifiait, quand on disait que le Dieu unique était «Père, Fils et Esprit Saint», s'est développée sous l'astuce que des professeurs et prédicateurs se mirent à essayer d'expliquer cette notion de Dieu face à des questions spécifiques. Une de ces questions fut soulevée par Arius.  Celui-ci, prêtre d'Antioche, était intéressé à préserver l'unicité de Dieu héritée du judaïsme. Son raisonnement était que, comme il n'existe qu'un seul Dieu, Jésus doit être quelque chose de moins que Dieu. Il dit aussi que Jésus a été créé -- qu'il n'a pas existé de toute éternité.  De plus, les Écritures ont attesté le fait que Jésus a souffert: on pensait communément que Dieu ne pouvait souffrir, et donc, Jésus n'était évidemment pas identique à Dieu. En opposition à Arius, Athanase, évêque d'Alexandrie, posa le raisonnement suivant: Si Jésus nous a réellement rachetés de notre péché, alors il n'est rien de moins que Dieu.  Le débat fut à ce point violent sur cette question que l'empereur Constantin convoqua un concile oecuménique (le concile de Nicée, en 325), afin que les prétendus Pères de l'Église en viennent à un consensus sur la question. À la fin, la position considérée comme orthodoxe, c'est-à-dire, la croyance correcte et droite, fut celle d'Athanase. Autrement dit, Jésus est vraiment Dieu, mais un Dieu de seconde place dans une triade spéculative. Cette croyance subversive fut inscrite au credo de Nicée qui est utilisé encore de nos jours dans le sacrilège de la messe catholique et dans les réunions des églises protestantes où il est récité en groupe. Ceux qui disent que ces gens défendirent la divinité de Christ et furent donc des chrétiens, et qui maintiennent de l'estime pour les pseudo-Pères de l'Église comme Eusèbe de Césarée et Athanase, se fourvoient et se séduisent eux-mêmes. Il vaudrait mieux pour eux de placer leur estime sur le Jésus de la Bible et sur les Écritures seules, non sur le faux Jésus et le faux Esprit des spéculations philosophiques nicéennes (2 Cor. 11:3,4,13-15).

 

B - SABELLIANISME VERSUS MODALISME

Une autre question fut soulevée par Sabellius. Lui aussi était intéressé à sauvegarder un strict monothéisme. Il raisonna comme suit: Dieu est vraiment un et complètement inconnaissable. L'expérience de Jésus dont les premiers chrétiens furent témoins était une simple manifestation du Dieu unique. Dieu pouvait aussi se révéler dans l'activité de l'Esprit, autre mode dont Dieu pouvait être perçu. Enfin, quand Jésus parlait de son Père, il exprimait une troisième manière dont Dieu pouvait être perçu. À la vérité, il n'existe qu'un Dieu, mais le Dieu unique pouvait s'exprimer de diverses manières: Père, Fils et Esprit. Cependant, ces manifestations de Dieu ne nous disent vraiment rien de Dieu, qui est complètement ineffable. En d'autres termes, nous ne connaissons rien de Dieu. La position de Sabellius se nomme le Sabellianisme, une forme regrettable du Modalisme Patripacien de Praxéas et de Noetus, évêque de Smyrne au 4ème siècle, qu'il avait perverti et dans laquelle les trois manifestations de Dieu étaient temporaires et successives. Sabellius tenait pour acquis que Jésus était le Père dans l’Ancien Testament, le Fils dans les Évangiles et l’Esprit après la Pentecôte. Bibliquement cela est juste, mais pour Sabellius cela signifiait que le Père cessa d'être Père lorsqu'il devint le Fils, et le Fils cessa d'être le Fils lorsqu'il devint le Saint-Esprit. Ce genre de manifestations progressives et intérimaires est ce que les trinitariens modernes nomment faussement du Modalisme, indiquant leur ignorance du sujet, mais ils ne trouvent pas mieux pour accuser ceux qui ne marchent pas dans leur voie de perdition. C'est en appliquant Ro.9:5 à Christ que Noetus, évêque de Smyrne au 4ème siècle, en est venu à la conclusion que puisque Christ est au-dessus de tous, il n'y a personne au-dessus de lui, pas même Dieu le Père, par conséquent, il doit donc être Dieu le Père lui-même! Au 3ème siècle, Tertullien, maître en philosophie, refusait de discuter avec ceux qu'il considérait hérétiques en se basant sur l'Écriture, et se borna plutôt à les condamner en s'appuyant sur la tradition. Ce fut ainsi qu'il s'était élevé contre Praxéas en l'accusant d'avoir «crucifier le Père» parce que c'était selon ce dernier «le Père lui-même qui descendit dans la Vierge... et fut Jésus-Christ». Plusieurs d'entre les trinitariens se moquent du modalisme et en tordent le sens pour le discréditer, allant jusqu'à fausser l'histoire sur le sujet. Mais rien n'est nouveau sous le soleil, c'est en effet une manière courante d'agir parmi ces réprouvés. En ce temps, souvent ils tuaient ceux qui s'opposèrent à eux, ce fut le cas des Donatistes qu'ils massacrèrent par milliers; mais de nos jours ils cherchent plutôt à tuer le caractère d'une personne par la diffamation. C'est ainsi que selon eux, Praxéas et Sabellius auraient conspiré ensemble pour développer le concept modaliste de la divinité qui consiste en trois manifestations du même être divin dans l'Ancien Testament (Dieu Yahvé) = pendant l'incarnation (Jésus) et dans le Nouveau Testament (le Saint-Esprit). Cette notion est fausse, comme il a été dit plus haut, Sabellius développa sa propre forme de Modalisme en y ajoutant le Saint-Esprit, ce que Noetus et Praxéas n'avaient pas fait. Cette forme corrompue du Modalisme fut nommé le Sabellianisme, mais en réalité on ne peut la nommé du Modalisme mais du Momentanisme car les trois manifestations du Sabellianisme sont momentanés et alternantes. Le Modalisme pur, nommé aussi le Monarchisme, vient de Noetus, et ne ressemble en aucune façon au Sabellianisme sauf pour dire que Jésus est le Père incarné dans la chair comme Fils unique. Vers le même temps, Praxéas supporta les idées de Noetus mais il fut complètement indépendant de Sabellius. Tombée en désuétude pendant des siècles, la doctrine du Sabellianisme a pris un second souffle au 20e siècle dans une branche du Pentecôtisme. Le pur Modalisme ou Monarchisme ne s'est jamais développé en une doctrine détaillée et demeure encore presque inconnue de la masse du christianisme moderne apostasié, seul quelques-uns l'ont étudié à fond et le présente sous une nouvelle forme dans le corpus de la Christrinité. Celle-ci n'a aucun rapport avec la forme du Modalisme Momentaniste nommée le Sabellianisme, et la ressemblance n'est que superficielle. C'est exactement cette forme de Monarchisme de la Christrinité qui est à la base de ce document même. Certains de nos antagonistes lui ont donné le nom de Ducéisme et nous les en remercions, car le terme vient de «Duché» qui est un synonyme de Monarchie et nous croyons fortement en la Seigneurie de Christ. Le Ducéisme, comme ils disent, enseigne que Dieu est l'Esprit Éternel qui se révéla sous l'Ancienne Alliance comme Père et sous la Nouvelle Alliance comme Fils et Saint-Esprit. En d'autres mots, le Père Éternel se manifesta dans la chair comme Fils unique de Dieu, et comme Saint-Esprit de sa Présence dans le coeur de ses élus. Le Ducéisme a ainsi prit la forme d'une Christrinité dans laquelle le Seigneur Jésus est conscient éternellement d'être Père, Fils, et Saint-Esprit. Il ne cesse d'être Père quand il est Fils, et ne cesse d'être Fils quand il est Saint-Esprit, car les trois sont une seule et même Personne en qui nous sommes, par qui nous sommes, et pour qui nous sommes. La Christrinité, à proprement dire, ne peut pas être considéré comme du Modalisme, mais plutôt du révélationisme biblique qui n'a seulement qu'une apparence Modaliste. Ainsi nous pouvons dire que nous ne supportons point l'ancien Modalisme ni le Sabellianisme, et ni le Trinitairianisme, car notre foi est purement Christocentrique sur la base de la triple révélation de Dieu dans les Écritures. Quoiqu'il en soit, le Sabellianisme fut condamné comme une hérésie au Concile de Nicée car il n'était pas assez astucieux à leur goût et on le remplaça par une autre hérésie plus subtile, celle de la Trinité Ontologique avec son Dieu à trois têtes. Vraiment, le symbole approprié pour cette doctrine trinitaire est le cerbère, le chien à trois têtes gardiens des portes de l'enfer dont l'empereur et les papes sont maîtres. Le cerbèrienisme est la doctrine de l'Antichrist et il doit être condamné et rejeté comme une perversion infernale, un blasphème hautain «contre Dieu, contre son nom, contre son tabernacle, et contre ceux qui habitent au ciel» (Apoc. 13:5,6).

 

Nimrod, maître du Cerbère, gardien des portes de l'enfer

 

C - LA TRINITÉ ET LA BIBLE

L’Église apostate commença à formuler sa doctrine de la Trinité au IVe siècle. Le Concile de Nicée (325) déclarait le Fils consubstantiel au Père, tandis que le Concile de Constantinople (381) affirmait la divinité du Saint-Esprit, bien que de manière moins précise. En ce qui concerne l’interrelation entre les trois personnes de la Trinité, la doctrine officielle affirme que le Fils est engendré par le Père, et que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. La doctrine de la Trinité a été énoncée le plus précisément à l’Est par Jean Damascene, bien qu’il retienne encore un élément de subordination, et à l’Ouest par saint Augustin dans son De Trinitate. D’un côté, certains des premiers pseudo-Pères de la prétendue Église et certains théologiens tardifs, Catholiques et Protestants, sans considérer le caractère progressif de la révélation de Dieu, ont présumé que la doctrine de la Trinité était déjà complètement révélée dans l’Ancien Testament. D’un autre côté, du temps de la Réforme, les sociniens et les arminiens pensaient qu’elle ne s’y trouvait pas du tout, et sans supporter leur théologie en aucune façon nous devons dire que ceux-ci avaient pleinement raison. L’Ancien Testament ne contient aucune révélation de l’existence trinitaire de Dieu, mais contient en revanche plusieurs indications véritables de son unicité et de son incarnation qui fut prophétisée. C’est d’ailleurs exactement ce que l’on peut attendre de la Bible. Elle ne traite jamais de la doctrine de la Trinité comme d’une vérité car elle ne s'y trouve simplement pas, mais présente une révélation d'un seul Dieu et d'une seule Personne en Dieu dans ses diverses relations comme une réalité vivante, en rapport, en général, avec les œuvres de création et de providence et, en particulier, avec l’œuvre de rédemption et de sanctification. Sa révélation la plus fondamentale est donnée par les faits et par les mots. Et cette révélation s’éclaire au fur et à mesure que l’œuvre rédemptrice de Dieu est plus clairement révélée, comme l’incarnation du Père dans la chair comme Fils unique, du fait aussi que la Bible mentionne que le sang de Dieu a été versé sur la croix par lequel il a acquise son Église (Ac. 20:28), et l’effusion du Saint-Esprit qui est la présence de Christ dans son ministère d'exaltation. Plus la réalité glorieuse de cette révélation ressort dans les faits historiques, plus les affirmations de la doctrine deviennent limpides. La révélation complète de cette doctrine dans le Nouveau Testament est due au fait que la Parole s’est faite chair et que le Saint-Esprit ou Sainte Présence de Christ a fait sa demeure du coeur de ses élus qui forment l'Église.

 

On a parfois voulu trouver la preuve de la doctrine d'une Trinité dans la distinction entre YHWH et Elohim et dans la forme plurielle du mot Elohim; le premier argument est injustifié et le second irréaliste. Il est évident que les passages dans lesquels Dieu parle de lui-même au pluriel (Gn 1:26, 11:7) contiennent une indication de distinctions de puissances en Dieu. Cependant, même celles-ci n’indiquent aucunement une Trinité, mais simplement une pluralité d'êtres vivants qui formerait le Conseil Divin. On trouve des indications de distinctions dans les passages qui se réfèrent à l’Ange de l’Éternel (à la fois identifié à l’Éternel lui-même et différencié de lui) – Genèse 16:7-13, 18:1-21, 19:1-28; Malachie 3:1 – et dans les passages dans lesquels la Parole ou la Sagesse de Dieu sont personnifiées (Ps 33:4, 6; Pr 8:12-31). Dans certains cas, plusieurs personnes sont mentionnées (Ps 33:6, 45:6, 7, cp. Hé 1:8, 9). Dans d’autres, Dieu est l’interlocuteur et parle à la fois du Messie et de l’Esprit, ou alors le Messie est l’interlocuteur et parle à la fois de Dieu et de l’Esprit (Es 48:16, 61:1, 63:9, 10). Psaumes 82 contient quelques passages particuliers qui nous aident à comprendre davantage la signification du terme Elohim: «Dieu (Elohim) se tient dans l'assemblée de Dieu (El); il juge au milieu des dieux (Elohim). Jusqu'à quand jugerez-vous avec iniquité, et aurez-vous égard à la personne des méchants?... J'avais dit : Vous êtes des dieux (Elohim), vous êtes tous des fils du Très-Haut. Cependant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme un prince quelconque» (Psm. 82:1,2,6,7). Attendez une minute: combien y a-t-il de dieux selon la Bible ? Seulement Un. Mais le texte aussi indique clairement que le terme Elohim, qui est le nom du Dieu Tout-Puissant, s'applique aussi à d'autres. Le contexte dit clairement qu'il s'agit des hommes (v.6,7), et non des puissances en Dieu comme certains déformateurs de la Parole de Dieu se l'imaginent par crainte d'y voir des extraterrestres. Cela ne signifie pas pour autant que ces derniers sont des dieux dans le sens que nous comprenons le mot Dieu et qu'ils usurpent le nom glorieux du Tout-Puissant, mais qu'ils sont des personnes qui ont reçus la Parole de Dieu pour accomplir un ministère quelconque, tout comme les juges d'Israël sous l'alliance de la loi ou comme les chrétiens réels sous l'alliance de la grâce qui reçoivent l'Esprit de la vérité. Cela est confirmé par le Seigneur Jésus lui-même dans Jean 10:33-36 où Jésus reprend ces mêmes passages des Psaumes: «N'est-il pas écrit dans votre loi: J'ai dit: Vous êtes des dieux (Elohim)? Si elle a donc appelé dieux (Elohim) ceux à qui la parole de Dieu est adressée (et cependant l'Écriture ne peut être anéantie), dites-vous que je blasphème...» Dans ce contexte, le terme Elohim s'applique à tout le corps de Christ, chaque membre étant un Elohim du fait qu'il a reçu la Parole de Dieu pour son salut. Néanmoins il y a un seul Elohim, Christ lui-même qui est la Tête du corps. C'est en fait un honneur de porter un tel nom qui nous est adressé de la bouche du Seigneur même, ceux qui se le refusent indiquent par ce fait qu'ils n'ont jamais reçu la Parole du salut et qu'ils ne font pas parti du corps de Christ. Or le corps de Christ, sous la direction de la Tête, est l'image parfaite du Dieu invisible et nous y trouvons aucune Trinité mais plutôt une multiplicité dans l'unité. Dans l'éternité, personne ne se trouve en-dehors du corps de Christ, nous sommes tous en lui et par lui, et lui pleinement en chacun de nous. Nous avons ici une première lueur du Nouvel Home, d'une race céleste et éternelle. Ainsi, on trouve dans l’Ancien Testament une anticipation claire de l'unité de Dieu en Jésus-Christ telle qu’elle nous est révélée dans le Nouveau Testament.

 

Le terme « trinité » sert à désigner la doctrine pseudo-chrétienne selon laquelle Dieu existe en tant qu’unité de trois personnes distinctes: Père, Fils et Saint-Esprit.  Dans cette extravagance sophistiquée, chacune de ces personnes est distincte des autres, et pourtant chacune a la même essence que les autres. En d’autres termes, chacune est pleinement divine par nature, mais aucune n’est la Trinité à elle seule.  Chacune fait preuve de volonté, d’amour et parle en disant « Je » et « Tu ».  Le Père est une personne différente du Fils, qui est lui-même une personne différente du Saint-Esprit, qui est lui-même une personne différente du Père. Chaque personne est divine, pourtant il n’y a pas trois dieux dans cette loufoque étrange mais un seul Dieu.  Il existerait trois subsistances ou personnes individuelles, et cela sans aucun doute se nomme du trithéisme, une forme idolâtre de plusieurs dieux. Dans le protestantisme, aujourd'hui, comme dans les sectes dites Évangéliques, on reconnaît que la Trinité est une des expressions possibles de la croyance en Dieu, et on voudrais nous faire croire qu'ils ne la tiennent pas comme obligatoire à la foi. Mais qu'une personne d'entre-eux s'y oppose et on ne tarde pas à voir le contraire, et toute une avalanche d'intimidations et de diffamations prendront place aux bonnes intentions. En effet, la Trinité est un développement théologique qui date du IIIe ou IVe siècle, elle ne se trouve pas dans la Bible en aucun endroit. Bien sûr il est question dans la Bible de Dieu comme notre Père, il est question du Christ comme Fils de Dieu, et il est question de l'Esprit Saint. Mais que Dieu soit à la fois Père, Fils, et Saint-Esprit, trois personnes distinctes en un seul Dieu ne s'y trouve absolument pas. Après des siècles de résistances et de discussions de la part des chrétiens authentiques, la lumière de la vérité se lève de plus en plus dans les coeurs de ceux que Dieu a choisi.

 

L’important ici, vous l’aurez compris, n’est pas tant de rechercher les fondements logiques et rationnels de la doctrine de la Trinité, mais bien plutôt, de s’en tenir à ce que l’Écriture Sainte nous enseigne à ce sujet, la Bible étant pour les chrétiens l’autorité souveraine en matière de foi et de vie, le critère normatif de la théologie. La suffisance des Écritures doit toujours l'emporter sur les spéculations des Conciles ou des Synodes qui la tordent à leur gré pour maintenir leur pouvoir sur la foi et les consciences individuelles. Les Symboles ou Confessions de Foi n'ont aucune autorité sur la Bible ni sur le fidèle qui marche dans ses voies.

 

Dans tout ce qui vient d'être présenter, la vraie question était de savoir si oui ou non la doctrine de la Trinité se trouve dans la Bible, ou dit autrement, si oui ou non le Dieu de la Bible est un Dieu trinitaire. Comme le disait le philosophe français Blaise Pascal: « Dieu seul parle bien de Dieu » ! Il nous faut donc partir de la révélation de Dieu dans la Bible, telle qu’elle se présente à nous, pour voir si nous sommes invinciblement conduits à confesser le Dieu Trinitaire, Père, Fils et Saint-Esprit, ou le seul Dieu indivisible Jésus-Christ comme étant la seule et unique Personne en Dieu, le Père Éternel manifesté dans la chair comme Fils unique, l'enveloppe visible du Dieu invisible, en qui nous sommes et par qui nous sommes. Déjà nous avons obtenu notre réponse, mais nous devons poussez encore plus loin notre étude car plusieurs cerbèriens contradicteurs sèment l'agitation et nombre de malfaisants, surtout au niveau des sectes dites Évangéliques, s'attaquent à la vérité.

 

CHAPITRE 2

L'EMPEREUR CONSTANTIN ET LE CONCILE DE NICÉE

Avant la fin du premier siècle il y avait déjà différentes fausses doctrines et du mélange; les uns se tenaient à l’enseignement de Balaam, les autres à la doctrine des Nicolaïtes, d’autres encore écoutaient une femme désignée du nom de Jésabel, laquelle prétendait être prophétesse et enseignait (Apoc. 2.20). Cette Jésabel correspond figurativement à l'Église Catholique. Afin que nous sachions exactement ce qui est juste, la pure doctrine des apôtres nous a été laissée en héritage dans les Saintes Écritures. On y trouve mentionnées également les diverses doctrines introduites par des personnes non autorisées. L’injonction: “Eprouvez toutes choses” (1 Thess. 5.21) est encore et toujours valable. Beaucoup se sont approprié cette Parole, mais dans la pratique ils ne l’emploient pas correctement. Ils ont éprouvé les autres selon le niveau de leur propre connaissance, selon le point de vue biaisé des doctrines et pratiques de leurs affiliations religieuses ou dénominationnelles, et ce faisant ils ont complètement perdu de vue qu’auprès de Dieu il y a une seule échelle des valeurs capable d’éprouver toutes choses, et qui peut être employée en toutes circonstances, et cela sous la direction du Saint-Esprit. Cette échelle est le témoignage complet de la Parole de Dieu, qui se trouve être la Bible.

 

Au 2ème siècle, les diverses orientations religieuses se développèrent à côté de l’Église du Dieu Vivant composée uniquement des élus, Laquelle croit et agit pour toujours de la manière dont Christ l’a enseigné au travers des apôtres sans être institutionnalisé. Les enseignements qui avaient déviés de la Parole devinrent de plus en plus en vogue. On avait élargi le chemin étroit ainsi que la porte étroite. Chaque tendance religieuse s’efforçait d’appeler à soi le plus grand nombre de membres possible, comme c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui. Cependant cette promesse est toujours valable pour la véritable Église de Jésus-Christ qui est son Corps spirituel: “Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume” (Luc 12.32). Les brebis du petit troupeau ne prennent garde qu’à la voix du Bon Berger, Celui qui a donné Sa vie pour les brebis; c’est-à-dire qu’elles ne prennent garde qu’à Sa Parole. Cette “ecclesia” ou littéralement «cet appel à renaître» a été de tout temps la petite troupe de ceux qui ont entendu l’appel à sortir de la confusion et qui suivent le Berger sans compromis.

 

Dans les temps post-apostoliques s’élevèrent Polycarpe († 155), lequel avait, selon une tradition, cheminé avec l’apôtre Jean, ainsi qu’Irénée († 202), un disciple de Polycarpe, lesquels se distinguèrent comme défenseurs de la vraie foi. Cependant, en examinant les choses de plus près, on voit qu’il ne s’agissait déjà plus exclusivement de la publication du pur héritage de la foi apostolique primitive. On peut voir clairement que, de l’organisme divin de l’Église primitive, le pas vers l’organisation humaine avait été fait. Le développement de cet âge jusqu’au concile de Nicée en 325 est contradictoire. Vu uniquement de l’extérieur, le christianisme dégénéré se propagea toujours plus, sous toutes ses formes, jusqu’à être reconnu par l’État du temps de l’empereur Constantin, de telle manière qu’il devint alors une puissance qui était à prendre au sérieux dans l’empire romain tout entier. La foi devint une nouvelle philosophie. Les traditions orientales, mélangées avec la culture helléniste, diluèrent fortement la substance de la foi primitive. Les controverses sur ce qu’on appelle la “christologie” entrèrent en lice et agitèrent les âmes.  Voici ce que disait Harnack, Adolf von (1851-1930): «Si le Paganisme a été conquis par le Christianisme, il est tout aussi vrai de dire que le Christianisme a été corrompu par le Paganisme. Le Déisme pur des premiers chrétiens… fut substitué, par l’Église de Rome, par le dogme incompréhensible de la Trinité. De nombreux principes païens, inventés par les Égyptiens et idéalisés par Platon, furent conservés comme étant dignes de foi. Les doctrines du Logos et de la Trinité ont été modelées par les Pères Grecs, qui… ont été très influencés, directement ou indirectement, par la philosophie platonicienne… A partir de cette source, on ne peut nier que des erreurs et des corruptions aient pénétré l’Église».

 

A - LA TRINITÉ DE CONSTANTIN

L’empereur romain Constantin, qui était un grand stratège, mit à profit pour lui-même le christianisme qui se mondanisait, mais il ne diminua pas pour autant ses rapports avec le paganisme. L’empereur Constantin était un scélérat, un parricide qui avait étouffé sa femme dans un bain, égorgé son fils, assassiné son beau-père, son beau-frère et son neveu; un homme bouffi d’orgueil, et plongé dans les plaisirs; un détestable tyran, ainsi que ses enfants. Il favorisa aussi bien la construction de temples païens que l’édification d’églises. En 321, la célébration du dimanche fut décrétée légalement. Marie-Nicolas-Sylvestre Guillon, professeur d'éloquence sacré dans la faculté de Théologie de Paris en l'an 1828, confirme dans ses écrits sur les "Pères de l'Église", que Constantin s'engageait dans les plus hautes spéculations sur les mystères de la foi, particulièrement sur l'incarnation; et qu'il expliquait au Concile les prophéties qui concernaient l'avènement de Christ, en les confirmant non par les Saintes Écritures, mais par le témoignage des prédictions occultes de la Sibylle de Cumes dans la 6ème éloge de Virgile. Que le sujet de l'incarnation de Christ obsédait Constantin face aux Oracles de la Sibille de Cumes, est dû au fait que les prédictions de la Sibille, qui était vénéré à Rome, annonçaient la venue de l'âge d'or, le rétablissement du règne de Saturne par un enfant mâle qui participerait à la vie des dieux et qui règnerait sur un monde en paix.  Il n'y a aucun doute que Constantin s'attribua cette prédiction à lui-même, et l'imposa aux évêques réunis qui en firent un héros de la foi. Ceci est significatif, lorsque nous considérons que le nom secret de la ville de Rome, qui fut interdit de prononcer sous peine de mort, était "Saturnia" ou ville de Saturne; et que "Saturne" dans le langage des mystères Chaldéens signifie "Celui qui est caché" ou "le dieu des mystères", c'est-à-dire "Satan". Ceci identifie Rome comme la ville de Satan et son Souverain Pontife comme l'incarnation de "Celui qui est caché", l'hypocrite, le subtil.  Ainsi nous voyons la vrai face de Constantin et de sa descendance dans la Rome papale. Ce qui est encore plus intéressant, est que nous savons d'après certaines archives historiques retrouvé dans "l'Histoire Ecclésiastique de Sozomen", que Constantin fut né en Grande-Bretagne et qu'il avait reçu une certaine éducation chrétienne. Mais nous savons aussi que le prétendu christianisme dans lequel il fut éduqué n'était qu'une forme de Druidisme de l'ancienne religion des Celtes. Or d'après le Rev. R.W. Morgan (St. Paul in Britain), la religion Druide avait certaines similarités avec une forme de Christianisme qui se rapprochaient beaucoup du Mithraïsme. Le point crucial ici est que la religion Druidique, dans laquelle Constantin fut instruit dans sa jeunesse, avait une Trinité d'une essence divine créatrice, conservatrice, et rénovatrice, connu comme "Beli, Taran, et Yesu", le dernier nom étant le même que celui de Jésus:  Beli, le Père; Taran, la Mère, et Yesu, le Fils. Malgré tout ce que nous savons sur Constantin, les Théologiens Orthodoxes Conventionnels persistent encore de nos jours à le mettre hors de tout doute.  Nous voyons ceci dans les paroles de Roussas John Rushdoony, théologien des églises Réformées: "La sincérité de la foi religieuse de Constantin ne doit pas être douté" (The One and the Many).  Or nous ne doutons pas de la foi religieuse de Constantin, nous affirmons simplement, avec des preuves bibliques et historiques à l'appui, que sa foi n'était pas réellement chrétienne, mais plutôt païenne et extrêmement subtile. Toutefois, Rushdoony touche le point essentiel en disant:  "Le christianisme représentait le pouvoir, et Constantin croyait dans le pouvoir. Tout comme Dieu est Souverain et Monarque sur tout ce qui est dans les cieux, Constantin se disait souverain et monarque sur toute la terre entière.  Ainsi, comme Eusèbe de Césarée écrivit:  «Puisqu'il (Constantin) fut le premier à déclarer la totale Souveraineté de Dieu, ainsi lui-même comme seul souverain du monde Romain, rependait son autorité sur toute la race humaine».  Pour Eusèbe, la monarchie l'emporte comme système et méthode de gouvernement pour tous les états. De même qu'il n'y a qu'un seul Dieu, de même il n'y a qu'un seul empereur. En déclarant que Dieu exerce sa souveraineté seulement que dans les cieux, et que l'Empereur est choisi de Lui pour exercer son autorité sur la terre entière; Constantin se déclare être "le dieu de ce monde" (2 Cor.4: 4).  Ainsi dit Rushdoony:  "A un certain moment, selon Eusèbe, Constantin proclama au groupe d'évêques du Concile de Nicée:  - Comme évêques, votre juridiction s'exerce à l'intérieur de l'Église: Je suis aussi un évêque ordonné par Dieu pour superviser tout ce qui est à l'extérieur de l'Église.-  Ainsi Constantin ne trouva aucune difficulté à définir sa position christologique comme Empereur, sauveur, Souverain Pontife, et évêque de Dieu".  Et quoique le Catholicisme ne veut point l'admettre, Constantin, et non Pierre, fut en réalité le premier Pape officiel.

 

B - LA TRINITÉ DES MELCHITES

Lors du Concile de Nicée, en 325, Arius et Athanase en furent les deux orateurs principaux. Leurs exposés ont été largement transmis à l’histoire de l’Église. Visiblement Arius n’avait aucune connaissance de Christ. Par contre, Athanase témoigna «qu’en Jésus, Dieu Lui-même nous est apparu; que Dieu Lui-même s’est fait connaître à nous et nous a sauvés; que nous avons en Lui le Père même… qu’en Jésus, le Père Lui-même nous a rachetés» (K. D. Schmidt, Grundriss der Kirchengeschichte, S. 98). Néanmoins, ne nous empressons point de dire qu'Athanase défendait réellement la divinité de Christ et qu'il était un vrai chrétien malgré quelques écarts doctrinaux. Le témoignage d'Athanase fut teinté par de nombreuses fausses doctrines qu'il maintenait. Au Concile de Nicée, dit l'auteur de "Nemrod", le parti des "Melchites", c'est-à-dire les représentants de la soi-disant chrétienté en Égypte, affirmaient -qu'il y a trois personnes dans la Trinité, le Père, la Vierge Marie, et le Messie leur fils". Dans le Dictionnaire de Daniel G. Reid (Dictionary of Christianity in America), nous trouvons que les Melchites surgirent des Patriarches d'Alexandrie, et que le mot "Melchites" signifie "Roi ou Empereur" dans le Syriaque et l'Arabique.  Ceci nous indique que le parti des Melchites, au Concile de Nicée, supportait les notions de l'Empereur Constantin d'introduire une Trinité issue du Paganisme qui satisfaisait tant bien aux païens qu'aux chrétiens nominatifs.  Or, puisque toutes les Trinités du Paganisme incorporait une Déesse, il convenait qu'il en fut ainsi dans cette forme de christianisme mondanisée afin de maintenir l'ordre et l'unité dans l'Empire, et d'établir l'Église Impériale Universelle ou Catholique comme seule autorité, et qui serait secrètement par duplicité "l'Église Mithraique Universelle" vouée au Culte du Soleil. Hislop, dans son livre remarquable «Les Deux Babylones», nous révèle des faits intéressants sur ce sujet de la Maldonne Romaine:  "Dans la doctrine ésotérique de la Grèce et de Rome, il n'y avait qu'une seule Déesse, le Saint-Esprit, représenté comme femelle.  Ceci fut fait par une perversion de la grande idée scripturaire que tous les enfants de Dieu sont enfantés par le Père et nés de l'Esprit; et avec cette idée, l'Esprit de Dieu comme Mère était représenté sous la forme d'une colombe, et était reconnue comme la Reine du ciel et Médiatrice entre Dieu et les hommes".  Ceci est confirmé par la Parole de Dieu qui nous dit:  "Les fils amassent le bois, et les pères allument le feu, et les femmes pétrissent la pâte pour faire des gâteaux à la reine du ciel, et pour faire des aspersions aux dieux étrangers, afin de m'irriter... " (Jéré. 7: 18). Or nous avons l'évidence qu'Athanase, qui après le Concile de Nicée devint Patriarche d'Alexandrie, fut celui qui influença la section Melchite du Concile, et qui aurait proposé que les trois personnes de la Trinité soient le Père, la Mère, et le Fils; le terme "Mère" désignant le Saint-Esprit. K.R. Hagenbach, dans son Histoire des Doctrines (History of Doctrines, 1847), nous dit: "La notion fut avancée par l'orthodoxe Athanase, que la Vierge avait demeuré libre de la corruption générale; et que seulement elle, qui fut élevée au-dessus de toute l'humanité par une profusion d'adoration, devait partager le privilège avec son Fils, d'apparaître sans péché sur les pages de l'histoire. Selon Athanase, considéré le champion de la Foi Orthodoxe, Marie demeura toujours une vierge par la grâce perpétuelle, et il la déclara Mère de Dieu".  Ceci ouvrit le chemin à la Co-rédemption de Marie, et aussi à l'utilisation de l'hostie (les gâteaux solaires) dans le sacrifice non-sanglant de la Messe.  Or, ceci est en plein accord avec le caractère de la déesse égyptienne "ISIS"; car n'oublions pas qu'Athanase venait de la ville d'Alexandrie, Capitale de l'Égypte, mais aussi Capitale du Paganisme de l'antiquité. Ainsi nous dit Hislop:  "Quant au caractère païen du sacrifice non-sanglant de la Messe, nous l'avons suffisamment établi.  Mais il y a encore à considérer un point qui montre encore mieux l'oeuvre du mystère d'iniquité.  Il y a sur l'hostie des lettres qu'il vaut la peine de lire. Ces lettres sont I. H. S.  Pour un chrétien, ces lettres signifient "Jésus Sauveur des Hommes".  Mais qu'un adorateur Romain de la déesse Isis jette les yeux sur ces lettres, il les expliquera d'après son propre système d'idolâtrie et lira:  ISIS, HORUS, SEB, c'est-à-dire:  la mère, l'enfant, et le père des dieux; en d'autres termes, la Trinité Égyptienne". On ne peut s'étonner de cette perversion subtile qui cherche à renverser la Foi chrétienne authentique, lorsque nous considérons ce que nous dit M.S. Guilon sur Athanase:  "Athanase fut armé de toutes les subtilités de la dialectique et de la puissance des empereurs.  Il n'ignorait pas les sciences profanes, mais il évitait d'en faire parade.  Il fut un admirateur d'Origène et de Tertullien à cause de leur vigueur de la dislectique et de l'érudition.  Il croyait que par le signe de la croix, tous les prestiges des démons sont dissipés. Il disait que Jésus prit un corps dans le sein de Marie sa mère, demeurée toujours vierge.  Il enseignait que tant que nous sommes sur la terre, nous ne pouvons dire avec assurance:  Me voilà sauvé. Pour lui le baptême d'eau occasionna la nouvelle naissance, et le prêtre fut seul capable de donner la rémission des péchés; et que les morts recevaient quelques bienfaits de la Messe". Animé d'un esprit d'arrogance et de duplicité inouï, Athanase dit dans sa "Lettre à Sérapion":  "La foi de l'Église Catholique est celle que Jésus-Christ a donnée, que les apôtres ont publiée, que les Pères ont conservés.  L'Église est fondée sur cette foi, et celui qui s'en éloigne n'est plus chrétien". Voilà donc la base réelle de la Trinité ontologique maintenue par le Catholicisme, le Protestantisme, et les sectes dites Évangéliques. Un amalgame de la Trinité Druidique et de la Trinité Égyptienne est celle qui fut adoptée, modifiée subtilement, enrobée d'un langage biblique, et proclamée par le Concile de Nicée comme étant une vérité absolue d'un seul Dieu en trois personnes distinctes, dogme obligatoire qu'il faut croire sans lequel personne ne peut être sauvé. Voilà le Dieu avec lequel on a aveuglé le monde depuis tellement longtemps sous prétentions qu'il est le Dieu de la Bible.

 

 

A partir de ce moment commença la constitution de l’église romaine qui se nomme historiquement l'Église Constantinienne que plusieurs nomment: la Grande Prostituée. Au temps du concile de Nicée en l'an 325, il n’y avait encore aucun pape, aucun cardinal. Aucun évêque de Rome ne s’était présenté en revendiquant le premier rang. A cet égard l’histoire de l’Église a été partiellement antidatée, manipulée ou carrément faussée. C’est l’empereur Constantin qui convoqua le Concile de Nicée et le patronna. Son but était d’unir en une seule église les diverses orientations et de les placer au service de l’État. L’union de l’État et de l’église eut lieu et c’est ainsi que naquit “l’église d’État”. Le livre de l'Apocalypse relate ces faits en termes symboliques (Apoc. 13:1-10). Pour vous aider à comprendre tous les enjeux de cette machination diabolique, imaginez-vous que cet évènement se passe de nos jours en l'an 2007, et que le président américain, George Bush, jr, prend la place de Constantin et est celui qui convoque les représentants de toutes les dénominations chrétiennes sur la terre, ainsi que tous les chefs de toutes les différentes religions du monde entier, pour résoudre un problème religieux d'importance capitale qui sème la discorde globalement et met en danger l'existence même de la race humaine. Son but: utiliser les divergences et les conflits entre ces différents groupes pour former l'embryon d'un nouveau corps religieux mondial sous prétentions d'établir la paix et le bien-être pour tous. Sous couverture il envoie ses troupes semer le chaos afin de forcer leur mains d'accepter ses propositions. Tout comme Constantin, il prétend avoir reçu une vision céleste, un appel direct de Dieu pour résoudre leurs problèmes en les unifiant en un seul corps, et place tout son pouvoir derrière eux pour les aider à atteindre ce but grandiose pour le salut de l'humanité. Mais le concept de Dieu est l'épine dans la botte de foin proverbiale, il entreprend donc de le décrire sous des nouveaux termes qui convient à tous et les engages à trouver une solution lorsqu'il détient déjà la réponse. Il influence les discours subtilement et les dirige à adopter un seul Dieu pour tous, mais un Dieu composé de chacun des dieux principaux des différents groupes, un Dieu en trois personnes distinctes, égales en pouvoir, en substance, et en divinité qui reflète l'unité des trois différents groupes majeurs. Pour but de simplicité, nous le nommerons: Allah, Yesous, Yahvé, - le Père, le Fils, et le Saint-Esprit qui se nomment dans leur unicité le Dieu AYY et par duplicité le Moi de la désignation de la lettre anglaise «I». Cette désignation convient au trois plus grandes religions du monde: l'Islamisme, le Christianisme, et le Judaïsme, et convient en même temps à la philosophie du Nouvel Âge que chaque homme est Dieu dans son Moi intérieur. On fit construire un énorme temple au Dieu AYY qui se nommait le VATIC'AYY et qui signifie Mont d'AYY, et des églises d'AYY surgirent dans toutes les nations. Puisqu'on leur avait donner la liberté d'interprétation certaines de ces églises se nommaient l'Église d'Allah'AYY, l'Église de Yesous'AYY, et l'Église de Yahvé'AYY. On y établit un chef suprême qui se nommait le PAP'AYY et qui par jeux de mots signifie le Têteux, celui qui susse l'AYY, ainsi que des administrateurs qui se nommaient les ÉV'AYY, ceux qui s'évente d'AYY, et des serviteurs qu'on nommait des PRËTR'AYY, c'est-à-dire les prêteur d'AYY, ceux qui vendent la fabulation d'AYY. On fabriqua aussi des galettes d'AYY ou des EST'AYY, et les communiants étaient tous des mangeurs d'AYY. Et les fidèles se nommaient les AYY'OYE, c'est-à-dire les Idiots, ceux qu'on bourre d'AYY. Maintenant vous comprenez par cette satire les enjeux de la stratégie que démontre l'idéologie pour la domination du monde, et vous comprenez aussi le pourquoi de la formulation de la doctrine de la Trinité Ontologique par le Concile de Nicée. Seriez-vous encore tellement dans les ténèbres pour continuer à croire que le Dieu Trinitaire est le vrai Dieu ?

 

CHAPITRE 3

LES SYMBOLES OU CONFESSIONS DE FOI OECUMÉNIQUES

La première grande formulation de la foi trinitaire a été faite au concile de Nicée (325) sous l'impulsion de l'empereur Constantin. Cette période aura été une intense période de lutte contre les hérésies qui se développent sur la Trinité, sur la nature du Fils, mais aussi sur le Saint-Esprit dont on soutiendra à son tour qu'il n'est qu'une créature (hérésie pneumatomaque). Le Ier concile de Nicée, en 325 établit son symbole abject, ancêtre du Credo sordide actuel, qui se termine par un anathème contre ceux qui refusent d'y croire. Ceux qui s'y opposaient furent chassé, persécuté, torturé et massacré. Nous vous présentons le Symbole de Nicée au complet, incluant la section de la fin qui contient l'anathème et qui est généralement omise par les églises lorsqu'il est récité en publique. A ceux qui se disent chrétiens, remarquez les fausses doctrines et les exagérations anti-scripturaires dans les Symboles suivant. Le Symbole de Nicée affirme clairement que Jésus est né deux fois: «né du Père avant tous les siècles... a pris chair de la vierge Marie», or prendre chair équivaut à naître, aussi cela signifie que Jésus a deux pères: la personne du Saint Esprit et la personne du Père, faisant ainsi de Marie une courtisane et du Père un cocu car elle se trouva enceinte du Saint-Esprit (Matt.1:18); le Symbole d'Athanase affirme les mêmes choses mais plus clairement au niveau de la double naissance de Jésus. En plus, le Symbole de Nicée déclare que l'Église est catholique et apostolique, affirmation par laquelle l'Église Catholique se réserve l'universalité et la domination de la foi, et qu'il y a un baptême pour le pardon des péchés, tous des affirmations subtiles et anti-scripturaires. Nous mettons en caractères gras quelques points saillants qui vous ferons réfléchir.

 

A - LE SYMBOLE DE NICÉE

«Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles: Il est Dieu, né de Dieu, lumière, né de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré non pas créé, de même nature que le Père; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; Par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin.

 

Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.

 

Pour ceux qui disent: " Il fut un temps où il n'était pas " et: " Avant de naître, il n'était pas " et : " Il a été créé du néant ", ou qui déclarent que le Fils de Dieu est d'une autre substance [hypostasis] ou d'une autre essence [ousia], ou qu'il est soumis au changement ou à l'altération, l'Église catholique et apostolique les anathématise


Le symbole de Nicée-Constantinople est issu des travaux d'une longue suite de conciles dont le dernier, celui de Constantinople contient un article qui dit « Je crois en l'Église une, sainte, catholique et apostolique ». Les trois autres conciles œcuméniques, réunis en Orient avec la participation des légats de l'évêque de Rome et de patriarches orientaux importants tels qu'Athanase et Cyrille d'Alexandrie, s'entendent à définir la foi spéculative que partagent alors la grande majorité des pseudo-chrétiens, d'ou seront issues plus tard les Églises dites catholique et orthodoxes. Ces termes sont utilisés, par simplification, pour distinguer d'une part l'Église Romaine et d'autre part les Églises d'Orient relevant des patriarcats de Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie: l'Église Romaine se considère en effet comme seule détentrice légitime de la catholicité (c'est-à-dire de l'universalité) sans pour autant reconnaître que sa foi ne serait pas orthodoxe. Mais cette distinction dans les esprits ne viendra que beaucoup plus tard et tous les délégués aux 4 premiers conciles œcuméniques sont d'accord entre eux et s'ils ne le sont pas, les empereurs se chargeront de les mettre forcément d'accord. Quelques-uns résistent qui seront à l'origine des Églises dites pré-chalcédonniennes: nestoriens et monophysites entre autres.

 

B - LE SYMBOLE DE NICÉE-CONSTANTINOPLE

«Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.

Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, lumière issu de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait; qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné par le Saint- Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux Écritures; il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n'aura pas de fin.

 

Nous croyons en l'Esprit-Saint, qui règne et qui donne la vie, qui procède du Père, qui a parlé par les Prophètes, qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié; nous croyons l'Église une, sainte, universelle et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés; nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

 

Si quelqu'un ne confesse pas deux naissances du Fils de Dieu, l'une avant les siècles, du Père, intemporelle et incorporelle, l'autre, aux derniers jours, de celui même qui, descendu du Ciel, s'est incarné dans Marie sainte et glorieuse, mère de Dieu toujours vierge, et qui est né d'elle, qu'il soit anathème

Amen.»


Nous voyons les mêmes choses dans le Symbole dit d'Athanase que nous vous présentons au complet ici afin que vous puissiez voir de vos yeux les subtilités et les aberrations de cette doctrine insidieuse et dangereuse. Vous remarquerez que le Seigneur Jésus est présenté encore comme étant né deux fois (engendré du Père et de la vierge Marie), qu'il est dit que cette foi est orthodoxe (droite), et qu'il est absolument nécessaire d'y croire pour être sauvé. En plus, ce symbole déclare clairement qu'il y a trois dieux mais qu'ils sont interdit par la religion catholique de le dire. Aussi, il y a contradiction flagrante, car s'il y a trois personnes en Dieu comme ils l'affirment et que Christ est Dieu, donc il y aurait trois personnes en Christ et en chacun des croyants. Nous reproduisons ici le symbole d'Athanase (296 - 373 après J.C.) un Égyptien d'Alexandrie, capitale de l'idolâtrie et de la Trinité Égyptienne de Isis, Horus, Seth, qui était pleinement engagé dans la bataille pour défendre l'orthodoxie trinitaire.

 

C - LE SYMBOLE DIT D'ATHANASE

«Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique: s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité

Voici la foi catholique: nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance: autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté. 

 

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit: incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs

 

Le Père n'a été fait par personne et il n'est ni créé ni engendré; le Fils n'est issu que du Père, il n'est ni fait, ni créé, mais engendré; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères; un Fils, non pas trois Fils; un Saint-Esprit, non pas trois Saints-Esprits. Et dans cette Trinité il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité

 

Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi à l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Voici la foi orthodoxe: nous croyons et nous confessons que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes: ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique: si quelqu'un n'y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé

 

***

 

Le Ier concile de Constantinople (381) avait reprit cette expression dans « Nous croyons en une seule Église sainte, catholique et apostolique». Cependant, de schisme en schisme, les mots « catholique » et « catholicisme » deviendront dans l'usage l'apanage de la seule Église Catholique Romaine. On retiendra surtout le Grand Schisme de 1054, qui marque la séparation entre l'Église d'Occident et les Églises orientales, dites Églises des sept conciles (essentiellement les Églises Orthodoxes russe et grecque), puis la Réforme, à partir de laquelle le mot « catholique » s'oppose systématiquement en Europe occidentale à « protestant ». Le protestantisme est nommé à l'époque en France « RPR », « religion prétendue réformée », titre qui lui va très bien car nous voyons de nos jours qu'elle dégage une puanteur infecte d'une foi stagnante de son intellectualisme odieux et a besoin elle même d'être réformée. Il est évident que l'Église Réformée a rétrogradée, elle s'identifie elle-même comme l'Église Catholique Réformée, de même que l'Église Presbytérienne et plusieurs autres. De leur propre aveu, le terme catholique s'applique aussi au protestantisme. Bref, nous aboutissons ainsi avec l'Église Catholique Romaine avec ses différentes branches, et l'Église Catholique Protestante avec ses différentes branches, et de là vient s'ajouter les sectes dites Évangéliques avec leurs différentes branches. Toutefois, dans le langage du peuple commun le terme «catholique» désigne toujours l'Église Catholique Romaine et non l'Église Protestante.


Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique et a eu lieu dans l'église Sainte-Euphémie de la ville éponyme en 451. La formule du concile d'Ephèse était contesté par les Nestoriens et par les Alexandrins qui croyaient qu'en reconnaissant la dualité des natures dans le Christ, on voulait les séparer et les opposer. Il y avait une confusion entre la notion de nature et la notion de personne. Convoqué par l'empereur byzantin Marcien et son épouse l'impératrice Pulchérie il réunit à partir du 8 octobre 451 entre cinq ou six cents évêques. Dans la continuité des conciles précédents, il s'intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d'Eutychès et Dioscore sur la base de la lettre du pape Léon Ier intitulé Tome à Flavien de Constantinople (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape). C'est durant ce concile qu'est redéfinie la notion de personne dans la fausse doctrine de la Trinité Ontologique, a) comme le principe de différenciation relationnelle au sein du mystère d'un Dieu à la fois un et trine, et b) comme le principe d'unité et d'identité, dans le cas des deux natures, dans la personne unique du Christ. Cependant le pape saint Léon Ier le Grand refuse d'accepter le 28ie canon du concile, qui en attribuant à la ville de Constantinople le titre de "Nouvelle Rome", remet en question la primauté du siège apostolique de Rome. A partir de Chalcédoine, nous voilà à la croisée des chemins entre le Catholicisme Romain et le Catholicisme Protestant. A partir de ce point, le Protestantisme qui louange Chalcédoine, ne reconnaît plus historiquement l'autorité d'aucun autre concile oecuménique. Soulignons que le Catholicisme Romain et le Catholicisme Protestant sont en parfait accord sur la définition spéculative de la doctrine de la Trinité telle qu'élaborée par les conciles oecuméniques de Nicée à Chalcédoine et le sont toujours. Cette doctrine subversive, qui est la plus insidieuse et la plus grande hérésie sur la face de cette terre, est le pivot même du Catholicisme sans laquelle il s'effondre comme un château de carte. En d'autres mots, tous ceux qui croient et qui enseignent qu'il y a trois personnes ou subsistances distinctes en Dieu sont Catholiques, et «blasphèment contre Dieu, blasphémant son nom et son tabernacle, et ceux qui habitent au ciel» (Apoc. 13:6), qu'ils en soient conscient ou non. ( Nous expliquons plus loin sur ce site cette hérésie dangereuse par rapport à la Parole de Dieu dans les documents suivant: Subversion de la Trinité Ontologique, et Défaite et Chute de la Trinité).

 

D - LE SYMBOLE DE CHALCÉDOINE

«Avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et, né en ces derniers jours, né pour nous et pour notre salut, de Marie, la Vierge, mère de Dieu, selon l'humanité. Un seul et même Christ Seigneur, Fils unique, que nous devons reconnaître en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. la différence de natures n'étant pas supprimées à cause de l'union, la propriété de l'une et de l'autre étant bien plutôt sauvegardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes mais un seul et même Fils.» Concile de Chalcédoine, le 22 octobre 451


En 363, les Perses sassanides s'emparent de Nisibe; la frontière de l'Empire romain revient du Tigre sur l'Euphrate. Une bonne partie des chrétiens de Nisibe, pour échapper à l'empire sassanide qui a sa propre religion et ne veut pas entendre parler de christianisme, viennent alors à Edesse, vieille ville chrétienne considérée comme la cité de l'apôtre Thomas et restée sous l'influence de l'empire romain d'Orient. A Édesse, Ephrem est plongé dans les controverses théologiques de l'époque, la crise de l'arianisme qui donna à l'empereur Constantin l'occasion de convoquer pour la première fois un concile de tous les évêques de l'empire (orient et occident), le concile de Nicée (325) où fut rédigé le symbole de la foi toujours actuel. Une Eglise chrétienne s'organise en Perse sassanide. Cette Église aura d'autre part à soutenir d'importantes controverses théologiques, tant avec les manichéens qu'avec le clergé mazdéen. Voici un texte qui vient de cette période et qui ne manquera pas de vous faire réfléchir:

 

E - ANCIENNE POLÉMIQUE SUR LA TRINITÉ

«Ils disent que le Père, le Fils et l'Esprit sont trois "noms" qui ne sont ni séparés l'un de l'autre, ni antérieurs l'un par rapport à l'autre. Mais alors, si le Fils n'est pas moindre que le Père, étant en toute chose égal au Père, pourquoi leur donne-t-on des noms distincts ? Si c'est chose possible que trois égale un, il est certainement tout aussi possible que trois égale neuf et neuf égale trois, et on peut dire autant indéfiniment des autres nombres. En outre, si le Fils n'est pas moindre que le Père, c'est que le Père n'est pas plus que le Fils ; dans ces conditions doit-on dire que le Père procède du Fils ou que le Fils ne procède pas du Père ? ... Si le Fils n'est pas moindre que le Père, c'est que la cause n'est ni antérieure, ni supérieure à l'effet; on pourra dire que l'une et l'autre sont des Principes, que la créature n'est pas moindre que le créateur, et le créateur n'est pas plus que la créature...»


F - TOME DE DAMAS

"Quiconque nie que le Père est éternel, que le Fils est éternel et que le Saint-Esprit est éternel, celui-là est un hérétique."

"Quiconque nie que le Fils de Dieu est véritablement Dieu , de même que le Père est véritablement Dieu, ayant tout pouvoir , sachant tout et l'égal du Père, celui-là est un hérétique."

"Quiconque nie que le Saint-Esprit (...) est Père, véritablement Dieu , (...) a tout pouvoir et sait tout, (...) celui-là est un hérétique."

"Quiconque nie que les trois personnes: le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont véritablement des personnes, qu'elles sont égales , éternelles, contenant toutes choses visibles et invisibles, et qu'elles sont toutes-puissantes, (...) celui-là est un hérétique."

"Quiconque dit que [le Fils qui a été] fait chair n'était pas au ciel avec le Père lorsqu'il était sur la terre, celui-là est un hérétique."

"Quiconque, reconnaissant que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu et que le Saint-Esprit est Dieu, (...) ne dit pas qu'ils sont un seul Dieu, (...) celui-là est un hérétique ."

382 Avant notre ère, à Rome. Recueil d'enseignements devant être condamnés par l'Église. Présenté par le pape Damase. Document, appelé 'le Tome de Damase', rapporté dans l'ouvrage: L'Église enseigne, 1955, pages 125 à 127


Dans le contexte de ces folles spéculations, présentons un concept dérisoire de la Trinité qui a plus de sens et qui au moins est plus honnête dans ses propos, car ce concept ne cherche pas à caché son identité sous des prétentions bibliques.

 

G - LA TRINITÉ CAPITOLINE

«Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi impériale universelle : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.
Voici la foi impériale universelle: nous vénérons un Dieu dans la Triade capitoline et la Triade capitoline dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance: autre est en effet la Personne de Baal, autre celle de Mithra, autre celle d’Astarté; mais une est la divinité de Baal, de Mithra et d’Astarté, égale la gloire, coéternelle la majesté.
 

Comme est Baal, tel est Mithra, tel est aussi Astarté: incréé est Baal, incréé Mithra, incréée Astarté ; infini est Baal, infini Mithra, infinie Astarté ; éternel est Baal, éternel Mithra, éternelle Astarté; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est Baal, tout-puissant Mithra, toute-puissante Astarté; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi Baal est Dieu, Mithra est Dieu, Astarté est Dieu; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi Baal est Seigneur, Mithra est Seigneur, Astarté est Seigneur; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion impériale universelle nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.
 

Baal n'a été fait par personne et il n'est ni créé ni engendré; Mithra n'est issu que de Baal, il n'est ni fait, ni créé, mais engendré; Astarté vient de Baal et de Mithra, elle n'est ni faite, ni créée, ni engendrée, mais elle procède. Il n'y a donc qu'un Baal, non pas trois Baals; un Mithra, non pas trois Mithra; une Astarté, non pas trois Astartés. Et dans cette Triade capitoline il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Triade capitoline, et la Triade capitoline dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Triade capitoline.»


Parce que l’empire romain était présent partout, l’église de l’empire pouvait mettre en jeu tous les moyens temporels pour atteindre son but. En réalité une “christianisation” n’eut pas lieu mais bien une “catholisation” du monde d’alors. Les peuples ne devinrent pas des croyants en Christ par la prédication de l’évangile, ils furent en fait contraints d’accepter “la religion d’État” catholique. Pendant les mille ans environ que dura la monarchie de l’église catholique romaine, la terre entière fut arrosée du sang des martyrs. Leur nombre est diversement évalué, mais dans l’ensemble on estime à environ 68 millions le nombre des martyrs. Tous ceux qui croyaient différemment étaient traqués comme du gibier. Même la “Contre-Réforme” a été une occasion de verser le sang en utilisant les moyens du monde, et elle n’avait rien à faire avec la publication de l’évangile du salut; au contraire il en résulta de nouvelles calamités causées par la puissance ecclésiastique unie à la puissance laïque. Qui donc n’a pas entendu parler de l’Inquisition en Espagne, des procès intentés aux sorcières et de leur mort sur le bûcher, de l’expulsion des Vaudois et des Mennonites, de la persécution dans toute l’Europe de ceux qui avaient une foi différente? Dans la nuit de la St-Barthélémy (du 23 au 24 août 1572), lors de ce que l’on a appelé les “Noces de sang”, 3’000 Huguenots furent assassinés rien qu’à Paris, et dans la France entière il y en eut plus de 20’000. «Le pape Grégoire XIII célèbre le meurtre des Protestants français par un ‘Te Deum’» (B. Harenberg, Chronik der Menschheit, S. 437).

 

Cette église entreprit des changements de doctrines, de telle manière qu’on ne put plus retrouver ce qui faisait partie du trésor de la foi originelle. La lecture des Saintes Écritures fut interdite sous peine de châtiment et même de mort. Il n’est donc pas étonnant que pas une seule doctrine et pratique de cette église soit en accord avec l’Église primitive. Les notions doctrinales telles que celles “de la Trinité, du baptême, du Repas du Seigneur, de la repentance, etc.” sont demeurées, cependant elles ont une signification tout autre, et dans la pratique elles sont appliquées d’une manière complètement différentes qu’elles ne le furent dans le christianisme primitif. Depuis l’établissement de cette église universelle, des quantités de choses ont été introduites, enseignées et même proclamées comme dogmes, lesquelles n’ont absolument rien à voir avec le christianisme primitif. De tout ce qui vient d'être exposé, nous voyons clairement que les arguments ou enseignements en faveur de la doctrine de la Trinité Ontologique sont les preuves d'une corruption des véritables enseignements du Seigneur Jésus et de ses disciples. Sans aucun doute, ceci explique pourquoi il a fallu près de 300 ans pour trouver une véritable expression de cette perception subversive particulière de la compréhension de Dieu.

 

CHAPITRE 4

LES RÉFORMATEURS ET LA TRINITÉ

La Réformation fut un extraordinaire mouvement religieux suscité par le Saint-Esprit au moyen de la lecture de la Bible. Au début du 16ème siècle, des réformateurs apparaissent dans chaque pays d’Europe occidentale. Tous ont à peu près le même message: le retour à la Parole de Dieu. Ils rappellent que la Bible constitue l’autorité souveraine de tous les chrétiens en matière de foi et de conduite. L’Écriture, insistent les réformateurs, montre clairement que le Christ crucifié et ressuscité doit être au centre de la foi et de la piété. Ils soulignent aussi la grande doctrine biblique du salut dans le sang de Christ par la seule grâce selon la Souveraineté de Dieu, saisi par la seule foi reçue par le moyen de sa Parole inspirée. Malheureusement la réforme des réformateur n'a été que partielle, ils ont mis l'emphase sur une réforme de l'Église en tant qu'institution plutôt que sur la foi individuelle de tous les croyants. Mais la découverte de ces enseignements bibliques fondamentaux occasionna une véritable révolution dans le monde religieux de l’époque. Les chrétiens marqués par la Réforme deviennent des amoureux de la Parole de Dieu, tellement qu'ils devinrent connu comme le Peuple du Livre. La Bible est lue et méditée tous les jours dans chaque foyer de croyants, saine pratique qui devient de plus en plus désuète de nos jours. Par ces lectures, par ces prières et par cet amour centré sur la Bible, et Jésus-Christ qu’elle permet de connaître intimement avec l’aide du Saint-Esprit, l'Esprit de sa Sainte Présence qui habite le cœur de ses élus, ces chrétiens s’approchaient de Dieu comme d’une source d’eau vive. Cela leur a été d’un grand secours notamment pendant les périodes de persécutions. Aujourd’hui, dans le prolongement de cette extraordinaire  révolution spirituelle du 16ème siècle, de nombreux chrétiens fondent leur foi exclusivement sur la base des enseignement bibliques et affirment par expérience que leur vie a été merveilleusement transformée par la puissance de l’Évangile et du Christ ressuscité. Ils manifestent la foi vivante que ni la mort, ni la persécution n’a pu faire disparaître. Si notre peuple moderne pouvait revenir à la Parole de Dieu, le visage de notre société changerait du tout au tout. Tous ceux qui ont été confrontés au message de l'Évangile de la Souveraineté de Dieu et qui l’ont reçu dans leur vie ont été merveilleusement transformés. En Europe la Réforme a commencé par un retour à la Parole de Dieu (Sola scriptura), et cette Réforme de la foi, et non des institutions, ne cessera qu'à la venue du grand jour.

 

A - NON SUFFISANCE DE LA RÉFORMATION

L’intervention divine par la Réformation fut plus que nécessaire, mais du point de vue biblique elle fut loin d’être suffisante. La question se pose de savoir si les réformateurs, qui étaient tous des fils de l’église romaine, ont réellement compris qu’un nouveau commencement devait être fait, car il n’y avait plus rien à réformer dans ce système entièrement séculier et non biblique. On ne peut réformer un corps mort en décomposition. D’une part, en ce temps-là, se réalisa cette parole du prophète Jérémie: “Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas au milieu des épines” (Jér. 4.3); mais d’un autre côté, cette prophétie du chapitre 51.9 le fut aussi: “Nous avons traité Babylone, mais elle n’est pas guérie; abandonnez-la, et allons-nous-en chacun dans son pays…”. C’était une sortie, une rupture, comme si l’on entendait la voix venant du Ciel qui disait: “Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et que vous ne receviez pas de ses plaies…” (Apoc. 18.4). Mais ce qui est le plus étonnant, ce que le christianisme a manqué de voir, est que cette même injonction s'applique aussi de nos jours à l'église Réformée elle-même, à tout le Protestantisme en entier, incluant les sectes dites Évangéliques. Bien entendu, Luther, par exemple, avait correctement compris cette parole proclamée par l’apôtre Jean de la part du Seigneur: “… car tes marchands étaient les grands de la terre; car, par ta magie, toutes les nations ont été égarées. Mais en elle a été trouvé le sang des prophètes, et des saints, et de tous ceux qui ont été immolés sur la terre” (Apoc. 18.23,24). De même cette parole du prophète Jérémie s’accomplit: “Babylone a été une coupe d’or dans la main de l’Éternel, enivrant toute la terre. Les nations ont bu de son vin, c’est pourquoi les nations sont devenues insensées” (Jér. 51.7). Cependant les réformateurs n’avaient pas réussi à faire une percée jusqu’au christianisme original. En fait seule une chose par-ci, une autre par-là furent réformées, changées ou abolies. Ils gardèrent plusieurs pratiques nuisibles comme le baptême d'eau et la Cène, les modifiants comme il leur convenait et leur donnant une importance qui frôle l'idolâtrie même, mais ce qui est plus grave est qu'ils gardèrent la doctrine subversive de la Trinité, de même que l'esprit de domination sur la foi individuelle tout en prétextant la liberté en Christ.

 

Ainsi en premier lieu, le trafic des indulgences, le rôle du pape ainsi que les abus en général furent abolis. La pénétration du puissant témoignage que la justification de l’homme vient par la grâce seule, par la foi en Christ le Sauveur, ainsi que la double prédestination selon la volonté souveraine de Dieu, constitua les points culminant conformément aux Écritures. Ce fut cela la véritable percée, ce qui enfonça les portes de la prison babylonienne. Mais d’autre part on emporta avec soi des doctrines absolument non bibliques et qui sont typiquement catholiques. Le nombres des soi-disant sacrements, par exemple, furent seulement diminué. Malheureusement la foi en la Trinité, que les protestants prirent aussi avec eux, les conduisit en partie à marcher dans les mêmes empreintes que leur mère, l’Église Catholique, la Grande Prostituée, «la mère des impudicités et des abominations de la terre» (Apoc. 17:5). A Genève, le 27 octobre 1553, le médecin espagnol Michel Servet dut monter au bûcher, avec l’approbation de Calvin, parce qu’il rejetait la doctrine de la Trinité (M. Rang et O. Schlisske, Die Geschichte der Kirche, S. 132). La position catholique prétendant que seule l’église romaine pouvait sauver n’a visiblement pas été entièrement abandonnée par les réformateurs. C’est pourquoi on peut comprendre leur intolérance à l’égard de ceux qui croyaient différemment. Cet état d’esprit existe aujourd’hui encore ! Malheureusement plusieurs s'imaginent que la Réforme s'arrêta là, ils ne peuvent saisir qu'elle est un procédé continuelle, une reforme de la foi et des coeurs et non des institutions.

 

Bien que, par la réformation, le but divin du retour de l’Église à l'amour de la vérité n’ait de loin été atteint, néanmoins le premier pas vers la foi biblique avait été fait: on était revenu à la Parole de Dieu et à la puissance de la grâce. De ce fait nous devons de la reconnaissance et de la gratitude, premièrement aux précurseurs des réformateurs qui ont été brûlés sur les bûcher, puis aux réformateurs eux-mêmes. C'est en effet grâce à eux que nous avons la Bible entre nos mains aujourd'hui. A nous maintenant de traverser le seuil et de nous accrocher à la suffisance des Écritures et délaisser les spéculations sur son contenu, car nous sommes appelé à marcher par la foi et même à combattre pour elle contre les faux raisonnements et amener toutes pensées captives à Christ par l'Esprit de sa Présence qui habite en nous.

 

B - STAGNATION DE LA RÉFORMATION

Malheureusement, la stagnation de la Réformation engendra un grand nombre de mouvements de renouveau putatifs et de réveils illusoires d'où sortirent les différentes églises indépendantes et libres qui formèrent les sectes Évangéliques. Les manquements de prétendus chrétiens provoquèrent des déviations et des mélanges, ce qui toutefois ne justifie aucunement de notre part le rejet de l’action infaillible de Dieu sur ses élus, car il veille sur eux pour les garder de la séduction. Celui qui maintenant appartient réellement à l’Église du Seigneur Jésus-Christ, ne se laissera pas entraîner par de l’enthousiasme et des tromperies religieuses de ces sectes, mais il sondera l’Écriture Sainte, découvrira, croira et expérimentera les promesses pour ce temps. Tout ce que Dieu fait, Il le fait conformément à Sa Parole vivante et perpétuellement inspirée. Avant que nous puissions prier: “Que ta volonté soit faite…”, la volonté de Dieu venant de Sa Parole doit nous être révélée. Ce temps n’est pas celui d’hommes particuliers, mais au contraire l’heure de Dieu, l’heure de la Parole — qui est la Vérité. A partir de ces exposés il doit être rendu possible à chacun d’éprouver s’il croit véritablement selon l’Écriture ou s’il a seulement la foi d’une église, de quelques dénominations ou groupes quelconques. Or tout dépend du fait que l’on soit connecté par l'Esprit de Christ à l'amour de la vérité, à la suffisance et à l'autorité des Écritures seules. Ceux qui marchent dans cette voie seront finalement libérés de l'influence des fausses doctrines et reconnaîtrons sans difficultés que la doctrine de la Trinité n'est pas biblique et qu'elle présente un faux Dieu, et ils réaliseront que Christ est le seul Dieu et la seule Personne en Dieu.

 

Au seizième siècle, période de grands affrontements religieux, on a produit de nombreuses confessions de foi. En 1530, la diète d'Augsbourg entraîne la rédaction de l'Augustana par Melanchthon, de la Fidei ratio par Zwingli et de la Tétrapolitaine par Bucer. Dans les années qui suivent viendront les écrits symboliques luthériens, et, du côté réformé, la Confession de La Rochelle, la Confession helvétique postérieure, le Catéchisme de Heidelberg, pour s'en tenir aux textes les plus connus, ainsi que, du côté anglican, les XXXIX articles. On pourrait facilement allonger cette liste.

 

Comme il fut dit au début de ce document: «Le problème des Réformateurs tenait à leur peur d'être considérés comme trop négatifs. Au moment de discuter de la trinité, il y eut une sorte de consensus: Luther, Zwingli et Calvin affirmèrent que c'était un mystère dont il ne fallait pas trop parler. Cette question ne devait pas être soulevée, car elle était trop épineuse. Les Réformateurs soupçonnaient que quelque chose n'allait pas dans la doctrine et la dogmatique de l'époque, mais ne voulaient pas donner l'impression de tout renverser.» Luther lui-même, qui tenait pourtant à ce dogme, avouait n'y rien comprendre, et dans des contextes différents, d'autres manières de parler de Dieu et de rendre compte de sa grâce sont tout aussi légitimes. Il avait écrit: «Nous n'avons pas d'autre Dieu que n'avait Israël. C'est Christ qui était le Dieu d'Israël. Et nous disons aussi: c'est lui qui a fait toutes ces choses, lui qui n'est plus seulement le Dieu d'Israël, mais du monde entier» (Luther jusqu'en 1520, par Henri Strohl). Il ajouta: «A partir du concile de Nicée, l’église prit l’habitude de se constituer en tribunal pour juger et condamner les hérétiques et attribuer à ses jugements une autorité qui n’appartient qu’à la Parole de Dieu. Au lieu de maintenir les Saintes Écritures comme autorité souveraine en matière de foi, elle composa des confessions de foi, appelées symboles, qui n’étaient pas toujours un résumé fidèle de la doctrine évangélique et apostolique… Les confessions de foi étaient imposées aux fidèles.»

 

Calvin fournit un exemple frappant des décalages voire des contradictions entre les règles affirmées dans les confessions et la pratique concrète. En 1537, un de ses adversaires, Caroli, alors pasteur à Lausanne, le somme de signer les symboles d'Athanase et de Nicée Constantinople. Calvin s'y refuse, non pas qu'il serait en désaccord avec ces symboles (encore qu'il ne cache pas qu'il les trouve mal composés et rédigés), mais parce qu'il ne veut pas, écrit-il, «introduire dans l'Église cet exemple de tyrannie: que soit tenu pour hérétique quiconque n'aurait pas répété les formules établies par un autre ». Très belle phrase et principe admirable. Malheureusement, en 1537, la même année, Calvin et Farel imposent à tous les habitants de Genève, sous peine d'expulsion, la signature de la confession de foi qu'ils ont rédigée.

 

C - DÉCEPTION DE LA RÉFORMATION

L'affaire Michel Servet fut définitivement une marque décevante pour la Réformation qui dévoila le caractère sordide de la Trinité. Confronté à l’opposition de Calvin, maître de la Réforme, Servet lui avait écrit: «Puisque tu crains que je sois pour toi un Satan, je m’arrête. Renvoie moi donc mon manuscrit et porte toi bien. Mais si tu pense sincèrement que le pape est l’antéchrist, tu dois être convaincu également que la Trinité et le baptême, qui forment une partie de la doctrine papale, sont des dogmes démoniaques » Un triste épisode se produit alors. Un proche de Calvin communique ce texte depuis Genève à l'un de ses cousins catholiques, habitant Lyon et aussi fanatique que lui, qui le remet à l'inquisition (avec des lettres que Servet avait adressées à Calvin et qui permettent de le localiser et de l'identifier). L'inquisition fait arrêter Servet, qui parvient à s'échapper, et qui tente de gagner Zurich, pour aller de là se cacher en Italie. Le plan de Calvin pour se débarrasser de Servet par le biais de l’inquisition catholique paraît avoir échoué. Ainsi que le note Zweig: « Il semble qu’un pasteur évangélique devrait frissonner d’horreur à l’idée de servir de délateur à ceux qui tout récemment, ont encore brûlé vifs plusieurs protestants. Servet lancera d’ailleurs plus tard avec raison à la face de Calvin cette apostrophe : « Ce n’est point l’état d’un ministre de l’Évangile d’être accusateur criminel, ni de poursuivre judiciairement un homme à mort. » Le 27 octobre 1553 à Champel, maintenant au centre de Genève alors qu'autrefois c'était une banlieue, un bûcher est dressé car un homme a été condamné à être brûlé vif avec ses oeuvres, notamment la Restitution chrétienne. Cet homme va mourir courageusement au milieu des flammes. Guillaume Farel, l'un des grands Réformateurs - qui a une place de choix sur le Mur de la Réformation -, est là. Il cherche jusqu'au bout à obtenir de lui une adhésion à une pensée orthodoxe. Quand il lui demande de reconnaître ses péchés, il le fait en disant qu'il est un homme imparfait, qu'il est pécheur, et qu'il demande pardon à "Jésus-Christ, Fils du Dieu éternel". S'il avait dit "Jésus-Christ, Fils éternel de Dieu", il n'y aurait pas eu de procès, et il n'aurait pas été accusé d'être hérétique. Il aurait eu la vie sauve. En raison de ses autres convictions, il aurait peut-être été banni, mais il aurait pu survivre. Le même Calvin sollicita dans Genève la mort de Gentilis. Il trouva cinq avocats qui signèrent que Gentilis méritait de mourir dans les flammes. De telles horreurs sont dignes de cet abominable siècle. Gentilis fut mis en prison et allait être brûlé comme Servet: mais il fut plus avisé que cet Espagnol; il se rétracta, donna les louanges les plus ridicules à Calvin, et fut sauvé. Mais son malheur voulut ensuite que n’ayant pas assez ménagé un bailli du canton de Berne, il fut arrêté comme arien. Des témoins déposèrent qu’il avait dit que les mots de trinité, d’essence, d’hypostase, ne se trouvaient pas dans l’Écriture Sainte; et sur cette déposition, les juges, qui ne savaient pas plus que lui ce que c’est qu’une hypostase, le condamnèrent, sans raisonner, à perdre la tête. Michel Servet fut un homme d'un courage remarquable et de conviction inébranlable, nous supportons fortement son rejet de la Trinité, mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes en accord à son interprétation du sujet ni avec le reste de sa théologie. Si nous le mentionnons c'est que de tels hommes sont très rares et méritent tout le respect et les honneurs qui leur sont du. Nous supportons le Calvinisme uniquement dans les doctrines de la grâce sous la désignation de T.U.L.I.P.E., mais nous ne sommes pas d'accord pour autant avec Jean Calvin ni avec le reste de sa théologie.

 

Sébastien Castellion, humaniste français connu, interpella directement Calvin sur ces fâcheux évènements: "Nous diras-tu, à la fin, si c'est le Christ qui t'a appris à brûler les hommes ? (...) Tuer un homm